emo

emo
L'Emo (prononciation : /imoʊ/) est un sous-genre du punk hardcore. Depuis l'apparition du terme, emo a fini par définir différentes variantes indépendantes, aux liens de parenté assez lâches, mais ayant une origine commune. Son utilisation (notamment en ce qui concerne le fait de savoir quels groupes peuvent recevoir ce qualificatif) est sujette à beaucoup de controverses.

À l'origine, l'appellation emo était utilisée pour décrire la musique issue de la scène hardcore de Washington, D.C. au milieu des années 1980. Plus tard, le terme emocore, abréviation d'« emotional hardcore », fut également appliquée à la scène de Washington et à certaines des scènes régionales (aux États-Unis) qu'elle a engendrées. Les groupes les plus notoirement associés à l'emo à cette période comprennent Rites of Spring, Embrace, One Last Wish, Beefeater, Gray Matter, Fire Party et, un peu plus tard, Moss Icon. Le déclin de la première vague emo a débuté après la séparation de la majorité des groupes qui la composaient, au début des années 1990.

À partir du milieu des années 1990, l'emo a commencé à refléter la scène indie influencée par le nouveau groupe de Ian MacKaye, Fugazi, lui-même un dérivé de la première vague emo. Des groupes comme Sunny Day Real Estate et Texas Is The Reason ont proposé un style emo plus proche de l'indie rock, plus mélodique et moins chaotique que son prédécesseur. Cette scène indie-emo a survécu jusque tard dans les années 1990, quand ses groupes-phares se sont séparés ou ont emprunté une voie plus grand public (mainstream).

De nouveaux groupes ont alors commencé à imiter ce son plus grand public, créant le genre de musique aujourd'hui connu sous le nom d'emo dans la culture populaire. Cette appellation était utilisée dès ses origines pour qualifier une large variété de groupes, et le spectre couvert par les groupes classés aujourd'hui comme emo, dans son sens moderne, est encore plus vaste, faisant de ce terme un qualificatif imprécis plutôt qu'un genre de musique spécifique.

Sommaire [masquer]
1 Histoire
1.1 La première vague (1985-1994)
1.2 Influences et postérité de la première vague emo
1.3 La deuxième vague (1994-2000)
1.4 La troisième vague (2000 à nos jours)
2 Contrecoup
3 Dans la culture populaire
3.1 Mode et pratiques
3.2 Autres utilisations du terme
3.3 Dérision du terme
4 Sources
5 Liens externes



Histoire [modifier]

La première vague (1985-1994) [modifier]
En 1985 à Washington, D.C., Ian MacKaye, le chanteur charismatique de Minor Threat et Guy Picciotto ont décidé de prendre leurs distances du hardcore basique et d'injecter une plus grande dose d'expérimentation dans leur musique à travers leurs nouveaux groupes respectifs, Embrace et Rites of Spring, qui ont développé leur propre son, même si Zen Arcade, l'album de Hüsker Dü sorti en 1984 a souvent été cité comme une de leurs influences majeures. Marqué par ce souffle nouveau, l'été 1985 a été très vite surnommé "Revolution Summer" au sein de la scène.

En peu de temps, d'autres groupes ont été influencés par ce nouveau son emo né à Washington : Moss Icon, Nation of Ulysses, Dag Nasty, Shudder To Think, Fire Party, Marginal Man et Gray Matter. Plusieurs d'entre eux étaient d'ailleurs signés sur Dischord Records, le label de Ian MacKaye. La séparation de Hoover à la fin 1994 marque la disparition de la première vague emo de Washington.

L'origine exacte du terme emo est incertaine, mais d'après une interview de membres de Rites of Spring dans Flipside Magazine en 1985, certains de leurs fans ont commencé à utiliser cette expression pour définir leur musique. La naissance de la variante emocore n'est pas non plus datée exactement, mais le terme était déjà d'un usage assez courant au début des années 1990.

La croissance de la scène de Washington a permis à d'autres scènes locales de voir le jour avec un son et une éthique DIY similaires. Au début des années 1990, le label de San Diego Gravity Records sortait un nombre important de disques de hardcore emo. Parmi les groupes célèbres à l'époque, l'on peut compter : Heroin, Indian Summer, Angel Hair, Antioch Arrow, Universal Order of Armageddon, Swing Kids ou encore Mohinder. Toujours en Californie, Ebullition Records sortait des albums de Still Life et Portraits of Past, ainsi que d'autres groupes de hardcore plus traditionnels, ayant des thèmes sociaux et politiques communs.

Dans le même temps, à New York et dans le New Jersey, d'autres groupes tels Native Nod, Merel, 1.6 Band, Policy of 3, Rye Coalition et Rorschach adoptaient la même voie. Plusieurs parmi ces groupes jouaient régulièrement à l'ABC No Rio, un centre social qui se voulait une réponse à la violence désormais courante lors des concerts au CBGB, seule autre salle pour les concerts de hardcore à New York à l'époque.

Une partie appréciable de ces groupes, notamment ceux issus de la scène de San Diego, se sont progressivement tournés vers une forme plus chaotique et agressive d'emo, surnommée screamo.

Les groupes précurseurs de l'emo finissant par se séparer, la veine hardcore de l'emo s'est peu à peu tarie, même si certains groupes essaient de maintenir en vie le son originel de l'emo, comme Circle Takes the Square, Hot Cross, City of Caterpillar, Funeral Diner et A Day in Black and White.

À Washington, à la suite de la séparation d'Embrace et de Rites of Spring, MacKaye et Picciotto ont décidé de joindre leurs forces et ont fondé ensemble Fugazi. Même si, pour être exact, ce groupe n'entre pas dans la catégorie emo, son influence sur la seconde vague emo fut déterminante.


Influences et postérité de la première vague emo [modifier]
En Californie, et plus particulièrement dans la baie de San Francisco (en anglais : Bay Area), des groupes comme Jawbreaker et Samiam ont commencé à mélanger l'influence du hardcore de Washington, D.C., avec le pop punk, pour aboutir à leur propre variante du son issu de la scène emo de Washington. Sur l'album Bivouac, de Jawbreaker, la voix de Blake Schwarzenbach évolue vers un chant plus mélodique, laissant percer davantage de tristesse que le chant de Ian MacKaye, plus désespéré. D'autres groupes ont adopté cette sorte de mélodie brute, engendrant un style dont les ramifications se prolongent jusque dans les années 2000, grâce aux Virginiens d'Avail ou à des groupes comme Hot Water Music.

Par ailleurs, au début des années 1990, certains groupes, comme Lifetime ont réagi à leur façon au dépérissement du hardcore straight-edge youth crew. Leur musique a été souvent qualifiée d'emo, mais aussi de hardcore mélodique. En réponse aux sonorités proches du métal empruntées par de nombreux groupes de hardcore à l'époque, Lifetime choisit la voie de l'adoucissement des mélodies, tout en conservant un mélange de vitesse d'exécution et d'une certaine agressivité, en plus de textes assez personnels et introspectifs. Plus tard, le genre défini par Lifetime servit pratiquement de patron à des groupes comme Saves The Day ou The Movielife.

De la même manière, un groupe comme Converge, qui a influencé le metalcore actuel, a pu s'inspirer des groupes emo de la côte est.


La deuxième vague (1994-2000) [modifier]
Avec la popularité croissante de Fugazi et de Dischord Records au sein de l'underground indie du début des années 1990, de nouveaux groupes ont surgi, qui combinaient les influences de Fugazi avec celles, post-punk, de Mission of Burma et Hüsker Dü, permettant à un nouvel avatar de l'emo de voir le jour.

Le moment-clef de cette évolution est peut-être la sortie de l'album Diary de Sunny Day Real Estate en 1994. Étant donné alors les succès récents de Sub Pop avec Nirvana et Soundgarden, ce label a eu l'opportunité d'attirer autour de cet album l'attention d'un public plus vaste que pour un disque indie typique, notamment des encarts publicitaires dans Rolling Stone et le groupe a eu l'occasion de passer jouer dans certaines émissions télévisées.

De plus en plus de gens entendant parler de Sunny Day Real Estate, en particulier par l'intermédiaire d'internet déjà en plein essor, le groupe a reçu l'étiquette emo. La nouvelle génération de fans déplaçait cette appellation depuis le hardcore originel vers ce genre d'emo plus proche de l'indie rock. Il n'était même pas rare de voire Sunny Day Real Estate et ses semblables classés comme emocore, avant qu'une distinction ne s'opère petit à petit entre l'emo hardcore et le nouvel emo indie.

Dans les années qui ont suivi, plusieurs scènes régionales majeures d'indie emo ont émergé. La plus importante est apparue dans le Midwest au milieu des années quatre-vingt-dix. Beaucoup de groupes tenaient leurs influences des mêmes sources, mais avec un son plus posé. Il était souvent fait référence à cette sorte d'emo comme au "Midwestern emo" au vu de la localisation des groupes, autour de Chicago, Kansas City et Milwaukee. Parmi les groupes précurseurs dans cette catégorie se trouvent Boy's Life et Cap'n Jazz. Les années suivantes, des groupes comme The Promise Ring, Braid, Elliott, Cursive et The Get Up Kids ont émergé de la même scène et reçu une attention nationale aux États-Unis.

La région de Phoenix, dans l'Arizona devint à son tour l'une des scènes majeures de l'emo. Inspiré par Fugazi et Sunny Day Real Estate, le groupe punk Jimmy Eat World a commencé à injecter des éléments emo dans sa musique, ce qui conduit à la sortie de l'album Static Prevails en 1996, qui fut sans doute le premier album d'emo sorti sur une major, le groupe ayant signé avec Capitol Records en 1995.

L'indie emo inclut aussi des groupes comme Christie Front Drive, originaire du Colorado, Texas Is The Reason et Rainer Maria, de New York, Knapsack et Sense Field, de Californie, Mineral, d'Austin au Texas, et Piebald et Jejune de Boston.

Étonnamment, la popularisation de l'indie emo a entraîné la classification parmi ce genre de groupes qui ne l'auraient pas été autrement, à cause des ressemblances au niveau du son : l'exemple le plus célèbre est l'album Pinkerton de Weezer, sorti en 1996, devenu par la suite un jalon dans la définition de l'emo des années 1990.

De nombreux groupes d'emo dès la fin des années 1990 ont signé chez des labels indépendants, notamment Jade Tree Records, Saddle Creek et Big Wheel Recreation. À la même époque, des labels comme Crank Records et Deep Elm Records (avec la série des Emo Diaries) ont commencé à sortir des compilations faisant l'état des lieux de la scène à un moment donné, rassemblant des groupes comme The Promise Ring, Christie Front Drive, Mineral, Knapsack, Seven Storey Mountain, Jimmy Eat World, Samiam, Jejune, Texas Is the Reason, Braid, At the drive-in ou Jawbox.

La scène emo de cette période devenant progressivement plus nationale que régionale aux États-Unis, les majors ont commencé à y prêter attention et à chercher à signer des groupes d'emo, afin de gagner de l'argent grâce à cette tendance. Alors que de nombreux groupes ont refusé au nom de leur fidélité à la scène indépendante, d'autres ont avancé les exemples des déboires de Jawbreaker ou Jawbox lors de leur passage sur des majors pour justifier leur refus, et les tensions engendrées par la cour assidue des majors a entraîné la séparation de certains groupes, comme Texas Is the Reason ou Mineral.

À la fin de la décennie quatre-vingt-dix, le terme emo avait fait son apparition dans la culture populaire mainstream. À l'été 1998, le magazine Teen People publiait un article annonçant que l'emo était le nouveau genre branché de musique. Cette attention accrue a poussé une partie des groupes de l'époque à changer leur son pour prendre leurs distances vis-à-vis du genre et conserver ainsi leur individualité, Sunny Day Real Estate évoluant par exemple vers des sonorités plus proches du rock progressif.

Bien que l'indie emo ait complètement cessé d'exister au moment du changement de décennie, de nombreux groupes continuent à souscrire au modèle hérité de Fugazi et Hüsker Dü, parmi lesquels Thursday, The Juliana Theory et Sparta.


La troisième vague (2000 à nos jours) [modifier]
À la fin des années 1990, la scène emo underground avait presque entièrement disparu. Toutefois, le terme emo survivait dans les médias, pour qualifier les rares groupes encore en activité comme Jimmy Eat World.

Mais à cette époque, Jimmy Eat World avait commencé à emprunter une voie plus accessible au grand public. Au moment de la sortie de leur album Bleed American en 2001, le groupe avait pratiquement liquidé toutes ses influences emo, mais demeurait catalogué ainsi. Les nouveaux groupes dont le son était alors proche de celui de Jimmy Eat World ont donc été inclus à leur tour parmi l'emo.

En 2003, Chris Carraba, l'ancien chanteur de Further Seems Forever a rencontré le succès avec son nouveau projet, Dashboard Confessional. Les paroles écrites par Carraba avaient des résonances de journal intime, surchargées d'émotions personnelles. Là où plus tôt, l'emo favorisait des paroles parcourant un chemin plus obscur et douloureux, Carraba se concentrait avant tout sur l'amour trouvé ou perdu, et la difficulté de faire face. Ce nouvel avatar de l'emo a rapidement gagné en popularité parmi les adolescents faisant l'expérience des relations amoureuses pour la première fois qui trouvaient des réponses et du réconfort dans les paroles et la musique de Carraba.

Face à ces succès, les majors ont de nouveau cherché à faire sortir des groupes au son similaire. Tout comme Nirvana, Pearl Jam et les autres groupes de Seattle au début des années 1990 furent étiquetés grunge d'office, certaines maisons de disques ont voulu avoir la possibilité de commercialiser un son nouveau sous l'appellation emo. Quel son importait peu.

À la même époque, le terme emo commença à ne plus seulement faire référence à la musique, ce qui ajouta de la confusion à son sujet. Il devint associé avec l'expression d'émotion sans retenue. Certaines attitudes et une certaine mode vestimentaire devenues typiques parmi les fans de certains groupes furent qualifiées d'emo. Et, en conséquence, les groupes plus ou moins associés à ces modes ou faisant simplement une grande part à l'émotion furent à leur tour appelés emo.

Encore plus que dans les années 1990, le terme emo en est venu à qualifier une variété extrêmement large de groupes, ayant pour nombre d'entre eux, peu en commun. Il est devenu alors presque impossible de décrire ce qui peut être exactement considéré comme de l'emo.

À tort ou à raison, emo a souvent été utilisé pour décrire des groupes comme AFI, Alexisonfire, A Static Lullaby, Brand New, Coheed and Cambria, Finch, From Autumn to Ashes, From First to Last, Funeral for a Friend, Hawthorne Heights, Matchbook Romance, Panic! At The Disco, Silverstein, Something Corporate, Taking Back Sunday, The Starting Line, The Used, Thrice et Thursday . Les fans de plusieurs de ces groupes ont fait la grimace face à l'usage du qualificatif d'emo et se sont engagés dans de longs débats et discussions pour expliquer en quoi tel groupe ne peut pas être considéré comme emo. À de nombreuses occasions, le terme leur a simplement été accolé en raison de similarités musicales, d'un style vestimentaire semblable ou de la popularité d'un groupe au sein de la scène emo telle qu'elle est perçue dans la culture populaire, et non pas parce que le groupe se considère comme faisant partie d'un genre musical portant ce nom. (Le dégoût manifesté par certains groupes vis-à-vis de ce genre ne manque pas de similitude avec le changement d'orientation musicale des groupes de la scène de l'emo indie de la fin des années 1990.)

Le résultat du changement de sens du terme emo au fil des ans est une fracture visible entre les personnes qui s'identifient avec une période particulière de l'emo. Ceux qui sont attachés à sa période hardcore originelle se récrient quand un autre genre de musique est appelé emo. Beaucoup de gens impliqués dans les scènes emo indépendantes des années 1980 et 1990 sont contrariés par ce qu'ils perçoivent comme le détournement du mot emo servant à commercialiser une nouvelle génération de musique par les majors. Quoi qu'il en soit, la culture populaire semble avoir intégré le terme emo avec des sens très éloignés des intentions originelles des membres des scènes indépendantes et hors de leur contrôle.

Ironie du destin, le screamo, un sous-genre du nouvel emo, a gagné en popularité ces dernières années grâce à des groupes comme Thrice et Glassjaw, ainsi que l'a écrit Jim DeRogatis en novembre 2002. Le terme screamo était en fait utilisé au début des années 1990 pour décrire un genre musical totalement différent, et le nouveau screamo ressemble davantage à l'emo du début des années 1990. Afin de compliquer les choses, de petites scènes locales consacrées au screamo originel existent toujours au sein des milieux underground. Cependant, le nouvel usage du terme screamo est significatif de la difficulté à décrire les genres multiples liés à l'emo.

Malgré cela, il se peut que la difficulté même de définir l'emo date de ses origines. Dans une interview datée de 2003,Guy Picciotto de Fugazi et Rites of Spring était interrogé par Mark Prindle sur son sentiment par rapport au fait d'être «the creator of the emo genre ». Picciotto répondit : « I don't recognize that attribution. I've never recognized 'emo' as a genre of music. I always thought it was the most retarded term ever. I know there is this generic commonplace that every band that gets labeled with that term hates it. They feel scandalized by it. But honestly, I just thought that all the bands I played in were punk rock bands. The reason I think it's so stupid is that – what, like the Bad Brains weren't emotional ? What – they were robots or something? It just doesn't make any sense to me. »

De même, dans une interview récente avec pastepunk.com, Dan Yemin, chanteur du groupe de hardcore Paint It Black, connu pour avoir été également le guitariste de Lifetime et figure éminente et respectée de la scène punk/hardcore, revenait sur cette nouvelle vague emo — dont certains groupes, à l'instar de Taking Back Sunday, citent Lifetime comme leur influence majeure — et la jugeait sévèrement : « I don't know what “emo” is. “Emo” was RITES OF SPRING and EMBRACE, and everything after that is... I don't know what it is. But it's not eyeliner and it isn't faux-melodrama, and it's not like, 'I want to be buried in your back yard.' »


Contrecoup [modifier]
Au fur et à mesure que la popularité de la musique s'est accrue, l'emo est devenu de plus en plus un objet de dérision, en particulier certaines modes et attitudes associées à l'emo, et des stéréotypes ont surgi qui ont facilité les critiques et en ont fait une cible facile.

Dans les premières années de la « troisième vague », la critique était relativement légère, amusée, voire parfois de l'autodérision. En septembre 2002, Jason Oda lança l'Emogame, qui se moquait des nombreux stéréotypes emo et des musiciens du genre, mais d'une manière qui pouvait être appréciée également des fans et des détracteurs du genre.

Les années suivantes les moqueries ont augmenté de façon exponentielle. Les fans masculins d'emo ont commencé à recevoir des injures sur leur orientation sexuelle supposée, reflet de la mode propre à la « scène » (notamment l'utilisation d'eyeliner et de maquillage),le port de vêtements plus ajustés, parfois même destinés aux filles, et de l'expression des émotions. Les critiques portaient toutefois d'abord sur l'exagération dramatique des émotions et non pas nécessairement sur les émotions en elles-mêmes.

En octobre 2003, Jessica Hopper de Punk Planet a accusé la « troisième vague » emo d'être sexiste. D'après elle, il est trop commun pour les groupes emo d'écrire des chansons selon un point de vue masculin qui réduit les femmes à être la cause de blessures émotionnelles, le résultat étant alors que les femmes sont diabolisées d'une façon collective, les chansons ne portant pas sur une personne en particulier. À cela venait s'ajouter l'apparente disproportion au sein de la scène entre garçons et filles, en faveur des premiers. Pour Hopper ce sexisme est un problème uniquement lié au nouvel emo, les groupes d'indie emo comme Sunny Day Real Estate donnant semble-t-il plus de profondeur aux personnages féminins décrits dans leurs chansons.

Les réactions à cet article furent contrastées. Certaines personnes notèrent que le rock a une longue histoire de problèmes sexistes, que ce n'était pas une particularité du nouvel emo : le glam metal des années 1980 par exemple a produit de nombreuses chansons réifiant les femmes.

Les critiques de l'emo moderne se concentrent aussi autour de la nature de plus en plus générique de la musique créée. De nombreux groupes ayant fui le qualificatif (en adoptant parfois celui de post-hardcore), les groupes restants ne correspondent au genre qu'en raison des similarités affichées avec les autres groupes dits emo. Les observateurs critiques remarquent une homogénéisation lente du genre, les nouveaux groupes recopiant un style caricatural plutôt que de le redéfinir, un peu comme cela s'était passé lors du déclin du grunge dans les années 1990.

Ces critiques persistantes et ces stéréotypes négatifs ont accru la perception de l'emo actuel sous la forme d'un nouveau péché mignon. Malgré les critiques, la version moderne de l'emo connaît un succès qui ne se dément pas au sein des sphères mainstream. Toutefois, au vu de la disgrâce dans laquelle le terme emo est tombé, la question de savoir si de nouveaux groupes se revendiqueront comme tels reste ouverte.


Dans la culture populaire

Mode et pratiques

Stéréotype du look EmoDeux formes de modes vestimentaires populaires sont généralement considérées comme emo. La première est issue de la scène d'emo indie des années 1990 et n'est pas sans rapport avec l'indie rock et le punk. Elle inclut davantage de vêtements vintage et glanés aux puces qui offrent un aspect usé. Typiquement, les t-shirts sont plutôt étriqués et présentent des motifs très divers, parfois venus tout droit des années 1980. Les sacs sont souvent décorés de patchs et de badges de groupes.

L'autre style tend davantage vers les couleurs foncées. Classiquement les cheveux sont teints, le plus souvent en noir de jais (mais parfois aussi avec des mèches rouges, violettes ou platine, par exemple) et ont une mèche devant les yeux, les garçons portent des jeans "cigarette et aussi appelé allumettes" (très étroits) ou slims, garçons et filles affichent de nombreux piercings (au sourcil, au labret) et du maquillage sombre (essentiellement de l'eyeliner noir), les lunettes à montures épaisses (et souvent noires) sont également très populaires (et parfois portées par des personnes n'ayant pas besoin de verres de correction); les accessoires emos sont souvent à motifs en "damiers".

Les Converse All-Star sont communes aux deux styles, de même que les Vans (souvent des modèles slip-on).

Un stéréotype répandu associe également l'emo à des pratiques d'automutilation, notoirement se taillader les poignets. Ceci est en partie dû à certaines paroles de groupes emo dans lesquelles il est question d'autodestruction. Il n'existe toutefois aucune preuve sérieuse qu'il s'agisse d'une pratique plus répandue parmi les milieux emo qu'ailleurs.


Autres utilisations du terme
Le terme emo est utilisé depuis les début des années 2000 sur internet, en particulier dans le monde anglophone, comme une forme d'insulte envers les personnes qui ont l'air émotionnellement instables ou qui évoquent sur les forums, les salons de discussion publics ou les serveurs de jeux videos (tel que Counter Strike Source) leurs problèmes personnels ou qui réagissent de manière stupide tel que des bannissements irrationnels. Comme certains gros mots utilisés couramment, il n'est pas nécessairement utilisé dans son sens strict et est plutôt une insulte vague. Cela a donné naissance à certaines expressions sarcastiques toutes faites comme : « Cheer up, emo kid! ».


Dérision du terme
La nature plus émotionnelle des garçons Emo est souvent tournée en dérision, comme dans cette blague : Comment fait un Emo pour changer une ampoule brûlée ? Il ne la change pas, il s'assied dans un coin et pleure. Ils sont souvent jugés de préjugés homosexuels ou bisexuels, souvent à cause de leurs relations plus étroites avec les filles en tant qu'amis.
# Posté le mardi 29 mai 2007 12:03

pop rock

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Pop rock

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Islande - Israël - Italie – Japon
Lituanie - Malaisie - Mexique
Népal - Norvège - N. Zélande
Pays-Bas - Pérou - Portugal
Russie - Angleterre - Slovénie
Suède - Suisse - Thaïlande
Turquie - Ukraine - Vietnam


Et aussi
Le portail des musiques
Vocabulaire du rock
Le pop-rock désigne la branche de la pop qui est restée fidèle à ses racines rock

Le mot "pop rock" peut aussi être utilisé comme englobant les deux genres, la pop ET le rock (réunion et non intersection).

C'est à la fin des années 1960 que le rock s'est divisé en deux branches principales : le rock plus fidèle aux racines blues dont il est issu et la pop qui met plus l'accent sur les mélodies et les harmonies vocales. Le rock est musicalement plus radical et fréquemment moins politiquement correct dans ses textes (voire parfois engagé) que la pop, plus consensuelle. Les artistes pop sont en général moins provocateurs (bien que certains utilisent la provocation comme marque de fabrique).

Par la suite la pop s'est aussi enrichie des influences d'autres courants musicaux à la mode (disco, funk, hard rock, techno, etc.)

Le terme "pop rock" permet donc de préciser soit qu'il s'agit d'un rock "soft", soit d'une pop fidèle au rock. Souvent, "pop rock" est raccourci par pop ou par rock.

Voir aussi :

Liste des musiciens rock (genre Pop Rock ou Soft Rock)
new wave (tendance post-punk)
britpop
powerpop
rock indépendant
pop-punk
metal FM
# Posté le mardi 29 mai 2007 11:57

punk

punk
Punk


Punks londoniens Portail Punk
Le punk est un mouvement culturel contestataire apparu entre 1976-1977 aux États-Unis puis au Royaume-Uni, avant de se répandre dans le reste du monde, la France étant l'un des pays non-anglo-saxons où ce mouvement eu un impact très représentatif. C'est une révolte contre les valeurs établies, qui privilégie l'expression brute et spontanée. Le punk est porteur d'une volonté de « tabula rasa » mais aussi d'un renouveau musical et culturel, l'émergence d'une nouvelle énergie, synonyme d'une liberté de création maximum (labels indépendants, Do It Yourself, fanzines, mode, graphisme).

Ce mot viendrait de punk, mot anglais signifiant sans valeur, il est accepté avec ironie par les punks puisqu'ils rejettent les « valeurs établies ». Dans les années 50, a punk, c'était la petite amie masculine qui attendait le prisonnier à sa sortie. Le « mouvement punk » fut associé au nihilisme et au Dadaïsme, au mouvement anarchiste et au mouvement alternatif (squat, labels indépendants, anti-militarisme, végétarisme, féminisme, mouvement autonome, etc.) Certains groupes comme Crass ou Bérurier Noir ont pris ce combat alternatif militant très à c½ur.

Le punk a acquis plusieurs sous-genres, non exclusifs dont le punk rock, le pop-punk, l'anarcho-punk, le punk hardcore et le ska-punk.


1 Naissance du punk (1976-1984)
1.1 Historique
1.2 Culture punk
1.3 Influences & postérité
2 Le renouveau du punk rock aux États-Unis (depuis 1994)
3 Musique punk
4 Genres musicaux apparentés
5 Voir aussi
6 Bibliographie
7 Liens externes
7.1 Généralités
7.2 Webzines
7.3 Labels



Naissance du punk (1976-1984)
Punk
Origines
stylistiques Rock 'n' Roll • Rockabilly • Garage • Psychédélique • Pub rock • Glam rock • Protopunk
Origines
culturelles Milieu des années 1970 aux États-Unis, Australie & Royaume-Uni
Instruments
typiques Voix • Guitare • Basse • Batterie
Popularité Underground avec quelques succès internationaux pour le pop punk et le ska punk
Formes dérivées
Genres
dérivés Alternative rock - Emo - New Wave - Post-punk
Genres
associés Anarcho-punk -Anti-folk - Chicano punk - Crustcore - Death rock - Deathcountry - Folk punk - Funkcore - Garage punk - Horror punk - Jazz punk - Oi! - Psychobilly - Punk chrétien - Pop punk - Rock hardcore - Ska punk
Scènes
régionales {{{scènes_régionales}}}
Voir aussi
Ephéméride - DIY - Précurseurs du punk - Première vague punk - Seconde vague punk - Films punk - Punk zine - Mode punk - Philosophie • Idéologie

Portail du Punk • Le projet Punk

HistoriqueÀ l'origine aux États-Unis, le mot punk décrit le rock'n'roll basé sur des guitares électriques des groupes « Garage » des 60's tels The Seeds, The 13th Floor Elevators et des groupes de Detroit, The Stooges et MC5. Ce qui est maintenant appelé 60's punk ou protopunk pour éviter une confusion.Le mot punk aurait été utilisé la première fois par Lester Bangs (critique rock) pour qualifier la musique des motors city five (MC5)

Les influences du punk-rock sont aussi des groupes de glam rock tels que The New York Dolls, mais aussi les groupes de rock britannique comme The Who, The Kinks première manière et les artistes de l'avant-garde new wave new-yorkaise (Patti Smith, Suicide, Television) et The Heartbreakers avec Johnny Thunders et Jerry Nolan. On constate un fort désir de retourner à la spontanéité et la simplicité du rock primitif et un rejet de ce que les punks ont perçu comme prétentieux, mercantile et pompeux dans l'arena rock des années 1970, engendrant les formes grandiloquentes du heavy metal et du rock progressif. Par contraste, le punk a délibérément renforcé la simplicité de ses mélodies, refusant toute démonstration ostentatoire de virtuosité et engageant n'importe qui à former son propre groupe dans sa cave ou son garage. Les paroles ont apporté une nouvelle radicalité d'expression dans les sujets politiques et sociaux, traitant souvent de l'ennui urbain et du chômage. Les thèmes sexuels étaient abordés de façon crue et ne se limitaient plus à l'amour sublimé qui était chanté ailleurs ou aux métaphores suggestives (et souvent transparentes, d'ailleurs) qui avaient cours dans le rock (puis la pop) et qui avaient suscité à l'origine de vives polémiques.

Aux États-Unis, les Ramones ont posé, à partir de 1974, les jalons du punk américain dans une version qui reste alors très rock'n'roll et parfois considérée comme les prémices du pop-punk. The Germs, formés autour de Pat Smear, ont sorti en 1977 leur single Forming/Sexboy (live), souvent considéré comme le tout premier disque punk de Los Angeles. Richard Hell est un autre jalon important, tant pour l'image (t-shirt déchiré) que pour le son avec son titre Blank Generation. A New-York, le magasine Punk est fondé en 1976 par le dessinateur John Holmstrom, Ged Dunn et Legs McNeil.

Au Royaume-Uni, certains ont pu écrire que des groupes traditionnellement rattachés au courant "pub rock", l'équivalent des garage bands américains au milieu des années 1970, pourraient représenter les prémisses de l'explosion punk britannique de 1976-77, en raison de l'énergie de leur musique et de leur vitesse d'exécution ; parmi eux : Doctor Feelgood ou le très controversé Eddie and the Hot Rods.

Même si le premier groupe punk britannique ayant sorti un disque fut The Damned, dont le premier single vinyle parut confidentiellement durant l'été 1976 (son titre-phare étant "New Rose"), les véritables débuts du mouvement ont été les premiers concerts des Sex Pistols au Roxy Club et au 100 Club de Londres et l'interview du groupe dans une émission de large audience. Le passage des Sex Pistols et du Bromley Contingent à la télévision a suscité un véritable engouement mais aussi une très vive hostilité (aboutissant à l'interdiction de la plupart de leurs concerts), qui fut l'un des engrais essentiels du phénomène. À partir de là le punk, médiatisé, a enflammé une partie de la jeunesse.

En France, les pionniers du mouvement furent le « petit cercle d'initiés » qui se créa autour d'Élodie Lauten. Revenant du CBGB à New York, où elle avait entendu Patti Smith "miauler" d'étranges poèmes rock toutes les nuits, elle fit découvrir à ceux qui allaient former Angel Face et European Son (et plus tard, Métal Urbain), à Alain Pacadis et à Patrick Eudeline (qui décida alors de former le premier line-up d'Asphalt Jungle), ce tourbillon qui commençait à envahir la planète.

De son côté, Marc Zermati, qui avait depuis plusieurs mois ouvert une boutique, l'Open Market, rue des Lombards (dans les Halles), où se cotoyaient Iggy Pop, les Flaming Groovies et Doctor Feelgood lorsqu'ils passaient à Paris, mais aussi Pacadis et Yves Adrien, organisa, en août 76, le premier festival punk à Mont-de-Marsan. The Damned clôturèrent les deux journées de délires. Au même moment, Philippe Bone, passant l'été à Londres, ramenait en France le premier single de ce groupe "vinylisé" paru chez un petit label indépendant qui venait juste d'en presser quelques exemplaires. C'est ainsi que "New Rose", sur la face A de ce disque, retentit pour la première fois dans un lieu public en France, au Gibus club.


Culture punk
L'expression punk reste associée aujourd'hui à la période 1976-80, incarnée par les Sex Pistols, The Clash, The Damned, Buzzcocks, X-Ray Spex, The Ramones entre autres et à une nouvelle forme d'énergie, d'esthétique et de radicalité prenant le pas sur la contestation hippie de la décennie précédente.




En Angleterre, Malcolm McLaren, le manager des Sex Pistols comme l'initiateur machiavélique et secret du mouvement. On note aussi l'influence du mouvement situationniste et du mouvement Dada dans l'esthétique et l'activisme punk, dominés par une économie de moyens et un sens aigu de l'auto-dérision. Ces courants ont marqué l'avant-garde du mouvement punk britannique, avec les Sex Pistols et leurs "satellites" : le Bromley Contingent (leur cercle rapproché), la boutique Sex de Malcolm McLaren et de la couturière Vivienne Westwood,Jordan, "créature" travaillant pour eux, The Flowers Of Romance, etc. Le couple McLaren-Westwood a su habilement faire des Pistols, dont ils se chargeaient de confectionner les tenues, leurs ambassadeurs les plus médiatiques, posant ainsi les fondations de l'apparence punk telle qu'elle reste ancrée dans la culture populaire.

Dans d'autres domaines artistiques, le graphiste Jamie Reid, proche des situationnistes, avait précédemment travaillé dans les revues Suburban Press et King Mob. Les pochettes de disques, dans les mains des graphistes punks, servent d'instrument de détournement des valeurs sociales et de la culture populaire comme la pochette du disque des Dead Kennedys Bedtime for Democracy.


Pourtant la petite histoire a surtout gardé du punk des symboles : les épingles à nourrice utilisées comme bijoux, les coupes de cheveux extrêmes et colorées comme la Crête Iroquoise (mohawk en anglais), le piercing (souvent avec des épingles à nourrice), le tatouage et la réappropriation « artistique » des vêtements de masse. Après le punk pauvre est apparu le « punk chic », recyclage commercial et industriel de ce qui en 77 s'inventait dans la rue.

Au-delà du nihilisme prétendu ou affiché, le punk est un mouvement assez largement créatif et solidaire, un mouvement qui en profondeur semble avoir posé les bases de différentes alternatives sociales et économiques, qui ont parfois réussi à durer.

La scène punk s'est exportée mondialement, a créé une scène propre avec ses labels (Rough Trade, Factory, New Rose, Bondage Records...) et concerts alternatifs autogérés. Les groupes punk alternatifs comme Bérurier Noir ou Crass ont imposé des places de concert moins chères, les Travellers ont inventé des modes de vie alternatifs, le mouvement des squats alternatifs est également issu de l'autonomie active voulue et animée par l'esprit originel du mouvement, qui cherche d'abord à vivre autrement et remet en question le mode de vie bourgeois traditionnel.

La vague punk a vu naître également une presse underground et parallèle, les fanzines créés par des amateurs. Aux États-Unis parmi les plus connus : Maximum Rock'n'Roll et Flipside, au Royaume-Uni Sniffin'Glue, en France New wave (réapparu en 2004), On est pas des Sauvages, Hello Happy Taxpayers, etc. Chaque scène locale a eu au moins son fanzine édité avec des informations, un graphisme différent, des entrevues avec les groupes locaux ou en tournée. Le magazine Factsheet Five a énuméré et chroniqué les milliers de publications underground des années 1980 et 1990.


Influences & postérité
Depuis son apparition à la fin des années 1970, le punk côtoie et échange avec d'autres cultures underground comme le reggae, notamment grâce à Don Letts (le "punky reggae party" de Bob Marley et Lee Perry) ou le ska, pour donner naissance à des groupes comme The Specials, Madness ou The Selecter.

Par ailleurs, il inspire très fortement, de par ses convictions, des groupes « hybrides », à la frontière du hard rock et du punk tel Motörhead, Nashville Pussy...

Le punk a eu une influence durable sur toute la musique contestataire, dans la continuité de la culture underground des seventies qui subsiste un peu partout aux États-Unis, au Royaume-Uni, en France et bien ailleurs.

À noter que c'est dans l'émission de Guillaume Durand Campus d'octobre 2005 qu'on a pu voir à la télévision française sans doute les premières images d'une video de Métal Urbain, près de 30 ans après.


Le renouveau du punk rock aux États-Unis (depuis 1994) [modifier]
La vague punk originelle s'est essoufflée assez rapidement : même si de nombreux groupes nés à cette époque ont continué à créer et à jouer, à l'instar des Ramones, d'autres ont eu une existence assez brève, de quelques mois ou quelques années. Une scène rock indépendante n'en a pas moins continué à exister, aidée par la multiplication des stations de radio. Néanmoins le devant la scène médiatique rock au États-Unis a été occupé tout au long des années 1980 par les groupes de métal. La scène punk underground a, pour sa part, été dominée par le punk hardcore, à la suite de groupes comme Black Flag (formé en 1976), Bad Brains (formé en 1977) et Minor Threat (formé en 1980). Le centre de gravité s'était déplacé du Royaume-Uni et de la côte ouest des États-Unis, à la côte est, notamment Washington, D.C. (mais aussi New York).

Une scène punk rock dynamique mais plus modeste et très underground a survécu, comptant en son sein un certain nombre de groupes formés au tournant des années 1980, souvent originaires de la région de San Francisco comme les Dead Kennedys, les Descendents, NOFX, Flipper. San Francisco où se situe le 924 Gilman Street Project, salle de spectacle accueillant la scène punk californienne et ayant vu démarrer ou jouer de grands noms du punk rock californien tels que Rancid, Operation Ivy, The Offspring ou encore Green Day. Le travail de groupes comme Sonic Youth sur la côte Est des États-Unis cherche aussi à faire perdurer le punk.

La reconnaissance du grunge à partir de la seconde moitié des années 1980 et notamment de Mudhoney puis Nirvana et sa très grande popularité à la suite de la sortie de l'album Nevermind a relancé le mouvement punk et son économie délabrée.

Le punk rock a connu une renaissance médiatique depuis le milieu des années 1990 avec des groupes américains comme Rancid, Blink-182, Green Day, The Offspring et NOFX. L'underground punk subsiste à l'ombre de groupes qui peuvent connaître une réussite commerciale.

Les groupes apparus à partir de cette époque sont très divers, mais composent tous avec un mélange d'influences issues à la fois du punk de '77, du hardcore, du pop-punk des Ramones et des Descendents, du métal et du grunge. En effet, leurs membres sont nés entre, au plus tôt, dans la seconde moitié des années 1960 et, au plus tard, au début des années 1980 et ont donc été bercés par tous ces genres de musique.

En parallèle du succès commercial de certains groupes de punk rock dans la seconde moitié des années 1990 et du début du XXIe siècle, la scène dans son ensemble connaissait déjà un regain de vitalité très sensible depuis le début de la décennie et a vu percer ou naître de nombreux groupes à forte éthique, marqués par leurs engagements politiques ou tentant de faire évoluer le genre tout en restant fidèles à son histoire et ses traditions, qu'il s'agisse par exemple de Lagwagon, No Use For A Name, Pennywise ou Millencolin concernant le skate punk du milieu des annéess 1990 ; de Propagandhi, Anti-Flag, Dillinger Four ou Strike Anywhere et leur attitude ultra-politisée ; des Lawrence Arms et leurs textes inventifs, drôles, touchants, contestataires et bourrés de références ; d'Against Me! et leur mélange de punk et de folk ; du punk aux influences celtiques des Dropkick Murphys ou de Flogging Molly ; de l'old-school des vétérans de The Exploited ou des Casualties ; du pop-punk proche des Ramones des Briefs ou de Teenage Bottlerocket ; du gypsy punk de Gogol Bordello et son chanteur charismatique Eugene Hütz ; ou encore de groupes comme Hot Water Music ou Jawbreaker.

On peut aussi citer les expérimentations qui ont été faites aux frontières du punk et de l'indie par Bear vs. Shark, Ted Leo ou bien Blake Schwarzenbach, fondateur de Jets to Brazil après la séparation de Jawbreaker.

Cette tendance au renouveau se poursuit avec l'émergence de groupes jeunes comme A Wilhelm Scream ou No Trigger concernant le punkcore mélodique, Latterman, ou le nouveau groupe de hardcore de Dan Yemin, Paint It Black. Sans oublier la vigueur de maints groupes vétérans : NOFX, Bad Religion (dont les deux derniers albums avec le retour de Mr. Brett sont les meilleurs en dix ans), la réunion de Lifetime, ALL/The Descendents, la carrière de Jello Biafra, Social Distortion (Sex, Love And Rock 'N' Roll), etc.

De nouvelles scènes locales dynamiques ont émergé et viennent s'ajouter aux scènes traditionnelles des années 1980 que sont San Francisco (Bay Area) ou encore la scène SoCal autour de Los Angeles, qui demeurent deux centres ultra-dynamiques, ou le punk hardcore de la côte est :

Chicago, qui était déjà la patrie des Smoking Popes, de 88 Fingers Louie et Screeching Weasel, est sans doute la plus féconde, avec de Rise Against, The Lawrence Arms, Alkaline Trio, Much the Same ;
Minneapolis a Dillinger Four et Hüsker Dü ;
de la Nouvelle-Angleterre viennent Boysetsfire, A Wilhelm Scream, The Unseen, No Trigger ou With Honor ;
Boston est tout naturellement le c½ur de la scène punk celtique emmenée par les Dropkick Murphys ;
en Pennsylvanie, Philadelphie est la ville d'origine de Kid Dynamite, Paint It Black ou The Loved Ones et Pittsburgh abrite Anti-Flag ;
New York et le New Jersey ont Lifetime, BigWig, Crime In Stereo, Kill Your Idols, les Bouncing Souls, Gogol Bordello, None More Black ou Latterman ;
la Virginie a vu naître Avail et Strike Anywhere, la Caroline du Sud Stretch Arm Strong ;
la scène de Gainesville : Against Me!, Less Than Jake, Hot Water Music, This Bike Is A Pipe Bomb ;
au Nord-Ouest, le Washington possède The Briefs, les Melvins, l'Oregon a Tragedy et le Wyoming The Lillingtons/Teenage Bottlerocket.
En dehors des États-Unis, l'une des scènes nationales les plus populaires a longtemps été celle du punk rock suédois avec Millencolin, les Satanic Surfers, No Fun At All, The Hives ou Venerea. Au Canada, Winnipeg se distingue avec Propagandhi, Comeback Kid ou The Weakerthans et le Québec avec Ripcordz, Fifth Hour Hero ou The Sainte Catherines.

Cela vaut aussi pour le punk rock européen et notamment français où sortent de nombreux groupes qui ont suivi les traces de Burning Heads ou Seven Hate (entre autres) : Flying Donuts, The Pookies, Straightaway, les Betteraves qui ont ensuite formé Guerilla Poubelle ou Uncommonmenfrommars et Jetsex qui ont joué des séries de concerts aux États-Unis.

Le centre de gravité des labels s'est également déplacé : les maisons plus modestes ont su trouver leur place à côté de lables légendaires du milieu des années 1990 : Epitaph et Fat Wreck Chords (et dans une certaine mesure Burning Heart). Aujourd'hui, Jade Tree (Delaware), No Idea (Gainesville), Deep Elm (Caroline du Sud) ou Equal Vision (New York) contribuent au dynamisme de la scène, alors qu'Epitaph et Burning Heart se sont lancés dans une politique de diversification musicale.

L'initiative politique récente la plus marquante a sans doute été le collectif Punk Voter initié par Fat Mike de NOFX, couplé d'une tournée Rock Against Bush, incitant les jeunes à se rendre aux urnes lors des élections présidentielles américaines de 2004.


Musique punk
La musique punk est caractérisée par un tempo très rapide, un rythme souvent binaire et l'utilisation de distorsion et de sons saturés. La plupart du temps, les chansons sont jouées en power-chords, comme chez les Ramones par exemple.(les ramones utilisent plutôt en fait des accords à trois sons , le plus souvent majeurs)

Voir aussi la Liste de groupes punk par ordre alphabétique


Genres musicaux apparentés
Punk rock
Anarcho-punk • Anti-folk • Art punk • Cowpunk • Crust punk • Dance-punk • Death pop • Death rock • Deathcountry • Digital Hardcore • Electro rock • Emo • Folk punk • Funkcore • Gaelic punk • Garage punk • Glam punk • Gothabilly • Horror punk • Jazz punk • Mod revival • Nazi punk • New wave • No wave • Noise rock • Oi! • Pop-punk • Post-hardcore • Post-punk • Power Punk • Protopunk • Psychobilly • Punk blues • Punk celtique • Punk hardcore • Punk pathétique • Punkcore mélodique • Queercore • Riot grrrl • Scum punk • Ska punk • Skate punk • Street punk • Synthpunk • Taqwacore

On peut aussi y associer :

le Grindcore
le Grunge
la Musique gothique
le Straight edge
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# Posté le mardi 29 mai 2007 11:55

heavy metal

heavy metal
Le heavy metal (ou communément metal) est un sous-genre du rock, devenu style musical à part entière dans les années 1970. Le heavy metal puise son inspiration, entre 1969 et 1974[1], dans des groupes de hard rock qui, en combinant blues et rock, ont créé un hybride aux sonorités lourdes et épaisses, centré sur les impulsions de la batterie et de la guitare à la distorsion très amplifiée.

Au fil des années, le heavy metal a donné naissance à des sous-genres variés et, bien que ceux-ci soient généralement appelés « metal » par le grand public, le terme « heavy metal » a maintenant deux sens distincts : soit le genre et toutes ses variantes, soit le style original des groupes des années 1970 et 1980 — parfois baptisé « metal traditionnel » . De ce fait, la définition du terme tend à être ambiguë et n'est pas la même selon la période de l'histoire du rock à laquelle on se réfère.

* Dans les années 1970, le terme « heavy metal » (popularisé par le critique Lester Bangs) était synonyme de hard rock, genre auquel il reste encore parfois assimilé dans l'inconscient populaire. Les premiers groupes — comme Black Sabbath, Deep Purple, Led Zeppelin, Blue Cheer, Iron Butterfly — étaient donc indifféremment considérés comme des groupes de heavy metal ou de hard-rock[2].

* Au début des années 1980, le terme a été redéfini par Lester Bangs peu de temps avant sa mort : il existe une subtile différence entre hard rock et heavy metal[3], résidant principalement dans le fait que le heavy metal tend à se débarrasser des racines blues tandis que le hard rock les conserve[4]. Avec cette définition, qui prévaut de nos jours, seuls des groupes comme Black Sabbath et Judas Priest peuvent être considérés comme précurseurs de l'esthétique et du son spécifiques du heavy metal.

Le heavy metal s'est popularisé dans les années 1970 et 1980, au fur et à mesure de l'apparition de ses sous-genres, et il génère toujours dans les années 2000 un fort engouement de la part de ses fans à travers le monde.
Sommaire
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* 1 Caractéristiques
o 1.1 Instruments et sons
+ 1.1.1 La guitare
+ 1.1.2 La basse
+ 1.1.3 La voix
+ 1.1.4 Batterie
+ 1.1.5 Volume sonore
o 1.2 Langage musical
+ 1.2.1 Rythme et groove
+ 1.2.2 Accords
+ 1.2.3 Relations harmoniques typiques
# 1.2.3.1 Les harmonies modales
# 1.2.3.2 Relations harmoniques tendues et intervalles dissonants
# 1.2.3.3 Pédale d'harmonie
# 1.2.3.4 Différences entre hard-rock et heavy metal en matière d'harmonie
o 1.3 Thèmes
o 1.4 Influence classique
* 2 Histoire
o 2.1 Le terme « heavy metal »
o 2.2 Origines (années 1960 et début des années 1970)
o 2.3 Heavy metal classique (fin des années 1970 et début des années 1980)
o 2.4 Succès auprès du grand public (années 1980)
o 2.5 Diversification des sous-genres (des années 1980 aux années 2000)
o 2.6 Metal alternatif et néo metal (années 1990 et années 2000)
o 2.7 Tendances récentes (millieu des années 2000)
* 3 Impact culturel
* 4 Styles associés
* 5 Voir aussi
o 5.1 Articles connexes
o 5.2 Bibliographie
o 5.3 Liens externes
* 6 Notes et références

Caractéristiques [modifier]

Le heavy metal se caractérise par la dominance de la guitare et de la batterie, ainsi que par une rythmique puissante. Il puise ses influences dans le rock, la musique classique et, dans une moindre mesure, le blues. Toutefois, comme il englobe de nombreux sous-genres qui se sont démarqués les uns des autres de par leurs propres variations stylistiques, il existe désormais une très grande variété de sons et de styles au sein du genre dit « heavy metal ».

D'après le site All Music Guide, « de la kyrielle de formes musicales engendrées par le rock'n' roll, le heavy metal constitue la plus extrême en termes de volume sonore, de machisme et de théâtralité. »[5]

Instruments et sons [modifier]

Dans sa configuration instrumentale la plus fréquente, un groupe de metal est composé d'un batteur, d'un bassiste, d'un guitariste rythmique, d'un guitariste « lead »[6] et d'un chanteur (qui peut jouer ou non d'un instrument). Les claviers — surtout l'orgue et parfois le mellotron — étaient relativement répandus dans les premiers groupes de heavy metal mais, graduellement, leur utilisation est devenue de moins en moins fréquente. Au sein des groupes des années 2000, les claviers sont en vogue dans certains sous-genres, tandis qu'ils sont rejetés par d'autres.

La guitare [modifier]
Scorpions (2005)
Scorpions (2005)

La guitare, alliée à la puissance sonore qu'elle propulse grâce à l'amplification, constitue l'élément-clé du heavy metal[7]. La distorsion du son de guitare est utilisée pour créer un son plus puissant et plus lourd. Au fil de l'évolution du genre, les solos de plus en plus complexes et les riffs deviennent la marque de fabrique de la musique heavy metal. Pour un jeu rapide, les guitaristes utilisent, entre autres techniques savantes, les techniques du sweeping et du tapping, d'autant que nombre de sous-genres encouragent la virtuosité au détriment de la simplicité. Par ailleurs, au fur et à mesure des progrès technologiques, de nouvelles techniques permettant de transformer le son de la guitare sont adoptées par les musiciens.

Au cours de la première moitié des années 1970, commencent à émerger des groupes comprenant deux guitaristes « lead » — notamment Wishbone Ash, The Allman Brothers Band, Scorpions, Thin Lizzy et Judas Priest, tous célèbres pour leurs paires de guitaristes capables d'assurer tant les solos et les mélodies que les accompagnements et les harmonies. Bon nombre de groupes, comme Iron Maiden, ont alors pour habitude de faire alterner au sein d'un même morceau les jeux de leurs deux guitaristes, qui endossent tour à tour les rôles de guitariste rythmique et de guitariste « lead ».

La basse [modifier]

Dans le metal, contrairement à des styles comme le jazz ou le funk, la basse tend généralement à assumer le rôle traditionnel d'un instrument de registre grave. En effet, la basse est généralement utilisée pour doubler à l'octave les parties basses de la guitare pour mettre en relief la base harmonique des riffs. A ce titre, le rapport de la basse et de la guitare rythmique peut être dans une certaine mesure comparé au rapport contrebasse / violoncelle des ensembles instrumentaux classiques, où la contrebasse vise le plus souvent à doubler à l'octave la ligne du violoncelle.

A ce rôle de base de doublure de la guitare, les bassistes ajoutent parfois aussi des notes d'ornements ou des notes de passage pour enrichir leurs lignes. La basse est aussi souvent utilisée pour jouer des pédales d'harmonie en fond, tandis que les guitares jouent différentes harmonies par dessus.

En dehors du rôle traditionnel qui lui est le plus souvent assigné, il arrive parfois que la basse joue un rôle plus autonome et plus indépendant de la guitare. C'est notamment le cas du style de Cliff Burton dans Metallica, où la basse pouvait jouer parfois un jeu de dialogue avec la guitare (exemple : "For Whom the Bell Tolls" ou "Orion"). L'indépendance de la basse est souvent un élément récurent dans le metal alternatif et un rôle fondamental dans le style dit "funk metal", qui reprend l'importance attribuée à la basse dans le funk, comme c'est le cas d'un groupe comme Red Hot Chili Pepper, qui joue souvent des lignes totalement différentes de celles de la guitare.

Les lignes de basses sont normalement jouées grâce aux frôlements des doigts sur les cordes (certains jouent à deux doigts, index et majeur, d'autres rajoutant l'annulaire). Mais dans les lignes rapides qu'exige le style, certains bassistes préfèrent utiliser le médiator pour augmenter leur vitesse de jeu. De plus, cela donne un son plus incisif et metallique au son rond habituel de la basse. Il existe également le slap, rarement utilisé dans les branches traditionnelles du metal, mais très largement dans le metal alternatif.

La voix [modifier]
Dani Filth, chanteur de Cradle of Filth
Dani Filth, chanteur de Cradle of Filth
Lemmy Kilmister, chanteur du groupe Motorhead
Lemmy Kilmister, chanteur du groupe Motorhead

Les techniques vocales utilisées dans le metal varient grandement d'un groupe à l'autre. L'habileté vocale des chanteurs peut s'observer aussi bien dans les voix théâtrales couvrant plusieurs octaves de Rob Halford (Judas Priest) et de Bruce Dickinson (Iron Maiden) que dans les techniques vocales volontairement bourrues de Lemmy Kilmister (de Motörhead). Dans les sous-genres du heavy metal, on rencontre la technique du death grunt, pratiquée par Lord Worm de Cryptopsy ou Mark Greenway de Napalm Death, ou encore le chant éraillé, fréquent dans le black metal. Au milieu des années 90, on assiste à une évolution du chant dans les groupes de metal/nu metal. Ainsi, pour beaucoup de groupes, le chant devient alterné; cela consiste à passer des vocaux clairs-mélodiques au chant éraillé. Ce type de vocaux apparaît avec des chanteurs comme Johnathan Davis (Korn) ou Burton C. Bell (Fear Factory). Plus récemment, certains groupes (tout particulièrement ceux de metal symphonique) tendent à intégrer des chanteurs qui maîtrisent les techniques du chant lyrique[8], comme Tarja Turunen (ex-Nightwish) ou Sarah Jezebel Deva (Cradle of Filth, Therion).

Batterie [modifier]

À l'origine, côté percussions, le heavy metal reprenait les techniques de jeu traditionnelles du rock. Mais de nombreux sous-genres ont par la suite popularisé certaines techniques spécifiques comme la double pédale, les skank-beats et, tout particulièrement, les blast beats. Ces techniques de jeu permettent de créer des phrases rythmiques dynamiques et fulgurantes qui soulignent et ponctuent la dynamique des guitares.

* La double pédale de grosse caisse fut introduite dans le heavy metal avec les premiers essais de speed metal — Judas Priest avec « Exciter » (1978) et Accept avec « Fast as a Shark » (1982) —, puis entérinée par les premiers groupes de thrash au début des années 1980. Cette technique est très fréquemment utilisée dans le speed, le power metal, le thrash, le death et le black metal. Elle se caractérise par le recours à une technique de jeu synchronisé des pieds dans laquelle les pulsations sont réparties alternativement sur deux pédales, permettant de créer des phrases rythmiques fulgurantes à la grosse caisse.

* Les skank-beats, popularisés par le hardcore et adaptés par les premiers groupes de thrash, consistent à jouer en réduction sur deux temps une phrase rythmique de rock classique de quatre temps, ce qui donne une illusion d'accélération de la musique par deux alors même que le tempo n'a pas augmenté. C'est le rythme typique du thrash metal.

Blast beats joués à des tempos de 124, 160, 200 et 240 BPM.
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* Les blast beats, caractéristiques des groupes de black metal, death metal et grindcore, désignent une technique et un motif rythmique très rapides consistant à jouer sur un seul temps une phrase rythmique de rock classique de quatre temps (deux successions grosse caisse/caisse claire en double croche), ce qui donne une illusion d'accélération de la musique par quatre. L'effet obtenu génère une impression de « mur de son ». Cette technique a été introduite dans le metal par Charlie Benante du groupe S.O.D. et Mick Harris de Napalm Death.

Volume sonore [modifier]

Le volume sonore produit en concert est souvent considéré comme partie intégrante du folklore du heavy metal, au même titre que tout le reste[9]. En s'inspirant des arrangements live de Jimi Hendrix et des Who (qui se sont vu attribuer la distinction du « Groupe le plus bruyant du monde » par le Livre Guinness des records), les premiers groupes de metal ont repoussé les limites de référence en terme de volume sonore lors des spectacles. Plus récemment, Manowar, groupe célèbre pour ses volumes de jeu hors norme, a été répertorié par le Guinness comme le groupe jouant le plus fort au monde, à l'occasion d'un concert à Hanovre en 1994, avec 129,5 décibels mesurés. Ce groupe a la particularité de réussir à allier la puissance sonore à la conservation d'un son audible de grande qualité, grâce au recours à un matériel de pointe[10].

Tony Iommi, le guitariste de Black Sabbath, est un exemple parmi tant d'autres de musicien ayant souffert de problèmes auditifs liés au volume excessif de ses propres concerts. Ainsi, le rocker américain Ted Nugent et le guitariste Pete Townshend des Who sont presque sourds. De nombreux artistes, comme le guitariste virtuose Eddie Van Halen et Joey DeMaio de Manowar[11], entre autres, montent sur scène avec des bouchons d'oreilles, pratique qui est aussi largement répandue dans le public.

Langage musical [modifier]

Rythme et groove [modifier]

En terme de rythmique, le heavy metal se caractérise par :

* Un groove spécifique s'appuyant fréquemment sur des phrases rythmiques en staccato (à travers un large emploi du palm mute). Des phrases rythmiques s'appuyant sur de courtes figures rythmiques égales binaires ou ternaires (le plus souvent en croche ou double croche)[12] en mesure 4/4 le plus souvent. En termes plus métaphoriques, cela veut dire que le metal se caractérise souvent dans son ensemble par des rythmiques dynamiques et saccadées, réalisées à partir de petites cellules rythmiques sèches juxtaposées les unes aux autres. Beaucoup de groupes reprennent ensuite cette trame de base en l'agrémentant de diverses variations à travers des ornements mélodiques ou des syncopes[13].

* Un usage récurrent de longues valeurs rythmiques (en ronde, voire s'étendant sur plusieurs mesures), dans les chansons à tempo lent : autrement dit, des accords oppressants qui résonnent longuement grâce à l'amplification.

Dans les sous-genres de metal, ce groove de base reste toujours fréquent mais il présente diverses variations selon les genres : le power metal, le thrash et le death l'ont accéléré avec des rythmes en tremolo, tandis que les groupes de black metal ont tendance à délaisser le staccato dans leur tremolo pour les jouer en legato (sans palm mute). Dans le doom et le gothic metal, c'est plutôt l'emploi de valeurs longues en ronde qui sera exploité plus en profondeur. Les groupes de metal progressif eux aussi reprennent souvent le groove de base mais l'adaptent à d'autres mesures (5/4, 7/4, 5/8, 7/8, etc.).

Accords [modifier]

L'une des caractéristiques du heavy metal réside dans sa grande utilisation du power chord, et tout particulièrement des accords s'appuyant sur la relation fondamentale/quinte, qui sont de loin les plus utilisés de tous. On rencontre parfois d'autres types de power chords[14] :

* fondamentale/tierce mineure ou fondamentale/tierce majeure (très fréquents chez Metallica) ;
* fondamentale/sixte mineure (fréquents chez Judas Priest, Iron Maiden, Accept, Metallica, etc.) ;
* fondamentale/quarte parfaite (Accept en fait un large usage) ;
* et aussi la quinte diminuée/quarte augmentée.

Exemple d'un riff de heavy metal faisant usage de différents types de power chord : riff principal de Megadeth - Addicted To Chaos (page de description du fichier)
Exemple d'un riff de heavy metal faisant usage de différents types de power chord : riff principal de Megadeth - Addicted To Chaos (page de description du fichier)

Relations harmoniques typiques [modifier]

Le heavy metal s'appuie par nature sur le riff, la base fondamentale du genre. Les riffs sont souvent construits autour d'un certain nombre de traits harmoniques particuliers :

Les harmonies modales [modifier]

Le heavy metal privilégie généralement les modes mineurs qui sont culturellement associés aux connotations plus sombres et plus tristes. Il fait un large emploi de progressions d'accords résultant d'harmonies modales

Le mode de la (le mode dit « éolien ») est tout particulièrement privilégié dans le heavy metal tradtionnel [15] . Des progressions typiques du mode de La sont : I-VI –VII, I VII-(VI) or I-VI –IV- VII ou parfois I- V(mineur)-I.

Exemples :

* Judas Priest - Breaking the Law (riff principal : I- VI-VII)
* Iron Maiden - Hallowed be thy Name (riff principal et phrases de couplet : I- VI-VII)
* Accept - Princess of the Dawn (riff principal : I- VI-VII)

Exemple d'une progression modale éolienne typique du heavy metal classique (I-VI-VII (La m-Fa-Sol)) : le riff principal de Judas Priest - Breaking the Law (page de description du fichier)
Exemple d'une progression modale éolienne typique du heavy metal classique (I-VI-VII (La m-Fa-Sol)) : le riff principal de Judas Priest - Breaking the Law (page de description du fichier)

Le mode de mi (le mode dit « phrygien ») est aussi largement utilisé dans le metal. [16] Dans lequel les progressions harmoniques de type I-bII sont privilégiés.

Exemples :

* Megadeth- Symphony of Destruction
* Sodom- Remember the Fallen

Le mode de si (le mode dit « locrien ») ou du moins certaines de ses inflections peuvent parfois aussi être utilisées à la place ou en alternance du mode de mi. Ce mode est en effet proche struturellement du mode de mi mais inclut en plus un rapport de quinte diminuée entre son premier et cinquième degrés.

Exemple:

* Judas Priest- Painkiller (le riff principal)
* Metallica- The Shortest Straw (le riff principal)(qui inclut à la fois des inflections du mode de mi et du mode de si)

Le mode mineur harmonique peut aussi être parfois utilisé (souvent en référence au classique). Cette gamme est en effet la gamme mineure typique du classique. Certains guitariste virtuoses comme Yngwie Malmsteen, Ritchie Blackmore ou encore Uli Jon Roth se sont faits les spécialistes de son emploi. Son utilisation reste toutefois relativement minoritaire en regard du mode de la, mi ou des relations harmoniques tendues.

Relations harmoniques tendues et intervalles dissonants [modifier]

Un des traits harmoniques les plus fréquents dans les divers sous-genres du heavy metal est l'emploi de relations harmoniques tendues s'appuyant sur le chromatisme, le triton ou d'autres intervalles dissonants[17] et diverses instabilités tonales, comme l'emprunt d'accords à des tonalités éloignées dans une même phrase.

Plusieurs musicologues et musiciens ont noté le rôle du triton[18] dans le heavy metal[19], un intervalle dissonant résultant de l'adjonction d'une fondamentale à une quarte augmentée (exemple Do-Fa#). L'emploi de cet intervalle avait été exclu de la musique médiévale à cause de son caractère jugé peu mélodique dans le plain-chant. Les moines le baptisèrent d'ailleurs « Diabolus In Musica » (littéralement, « le diable dans la musique ») tant du fait de leur dédain à son égard que par association symbolique entre bon goût musical et morale chrétienne. En raison de cette association symbolique originelle, les sonorités de l'intervalle ont été, dans l'inconscient populaire, culturellement assimilées à quelque chose de diabolique. Aussi, de nos jours, l'emploi du triton tend souvent à connoter un sentiment « malsain » ou « maléfique », surtout quand sa dissonance est utilisée sans fonctionnalité tonale. Cet intervalle est tout particulièrement employé dans les solos et surtout dans les structures harmoniques mêmes, par exemple au début de la chanson Black Sabbath du groupe du même nom.


Exemple typique d'une progression harmonique avec le triton (sol-do#) : le riff principal de la chanson Black Sabbath par Black Sabbath.

* Écouter un extrait de Black Sabbath - Black Sabbath (page de description du fichier)



Exemple d'un accord arpégé constitué d'un triton (mi-la#) dans l'introduction acoustique de Seasons in the Abyss par Slayer.

* Écouter un extrait de Slayer - Seasons in the Abyss (page de description du fichier)

Pédale d'harmonie [modifier]

Le heavy metal fait aussi un large usage des pédales d'harmonie[20] en tant que bases des riffs. Une pédale d'harmonie est une note qui est tenue, généralement dans le grave (souvent la tonique, c'est-à-dire la note la plus importante du passage) par dessus laquelle se succèdent différents accords étrangers à cette note (c'est-à-dire dissonants)[21]. Les pédales créent souvent des effets de tension et d'attentes. Dans le heavy metal, les riffs sont souvent construits à partir d'accords ou de motifs évoluant autour d'une note grave continuellement répétée (une pédale), le plus fréquemment en corde à vide sur les cordes graves de Mi, La ou Ré à la guitare ou à la basse[22].

Un exemple les plus parlants et les plus représentatifs est celui du riff d'ouverture de "You've Got Another Thing Comin'" de Judas Priest. Dans ce cas de figure, une guitare joue la pédale en fa # grave en continu tandis que la seconde guitare fait résonner trois power chords différents successifs (mi 5, si 5 et fa#5) par dessus.

Mais l'alternance ou la superposition entre pédales et accords peut aussi être réalisée par une seule guitare: exemple le riff principal de "Fight Fire with Fire" de Metallica: la pédale est la note mi grave (en corde à vide) répétée en continu de façon très rapide et en alternance avec les power chords successifs de sol 5, fa# 5 et fa 5. Ces accords sont des accords étrangers à cette note en ce qu'ils ne possèdent pas la note mi dans leur constitution naturelle.

Différences entre hard-rock et heavy metal en matière d'harmonie [modifier]

En raison de ces traits particuliers, une distinction spécifique s'est lentement dessinée entre heavy metal et hard rock. Si les deux s'appuient sur la mise en avant des guitares et sur une structure à base de riffs, le heavy metal diffère tout particulièrement du hard rock dans le fait que les structures harmoniques et mélodiques du blues sont remplacées par des progressions modales et des relations tonales instables (chromatisme, intervalles dissonants, progressions d'accord noyant l'orthodoxie tonale).

Ainsi, les harmonies du heavy metal sont généralement plus froides et plus sombres que celles du hard rock[23].

Thèmes [modifier]

Comme souvent dans la musique populaire, l'imagerie et l'apparence occupent chez les groupes de heavy metal une place prépondérante. Les couvertures d'albums et les prestations en concert font autant partie de l'image d'un groupe que la musique elle-même. Par le biais du heavy metal, nombre d'artistes travaillent en collaboration dans le but de produire tous les éléments d'un album, chacun apportant à l'½uvre son talent particulier, en vue d'offrir au public un produit artistiquement riche. En cela, le heavy metal représente peut-être aujourd'hui davantage une forme d'art protéiforme, au service de la manifestation d'un univers particulier, plutôt qu'une forme singulière dominée par un seul et même mode d'expression. De fait, si la musique demeure la composante principale de l'univers du heavy metal, elle n'en est toutefois pas la seule, l'image de chaque groupe s'incarnant aussi au travers de l'artwork[24] (les couvertures d'albums et les images de livrets), de la scénographie de ses concerts, du ton des paroles de ses chansons et du style vestimentaire de ses membres. L'illustrateur de heroic fantasy Ken Kelly, qui travaille principalement avec Manowar dans le domaine de la musique, a ainsi créé un personnage musculeux, sombre et vengeur qui illustre les albums de Manowar et qui fait dorénavant partie intégrante de l'image du groupe. Les illustrations participent à l'ambiance générale des albums en les étoffant d'un aspect visuel très important, grâce auquel le public peut se plonger plus rapidement dans l'univers de chaque groupe. Autre figure célèbre auprès des fans de heavy metal, Eddie, la mascotte d'Iron Maiden, apparaît sur la pochette de presque tous les albums du groupe.
Eddie, mascotte du groupe Iron Maiden, en concert (2005).
Eddie, mascotte du groupe Iron Maiden, en concert (2005).

Les historiens du rock ont tendance à considérer que, tandis que l'apport de la musique populaire occidentale donne au heavy metal son côté fantaisiste, à travers des paroles d'inspiration fantastique, dans le même temps, les racines blues dans lesquelles ce genre est ancré lui confèrent une touche plus réaliste, plus cathartique, davantage axée sur des sujets tels que la perte de l'être cher, le chagrin et la solitude.

Tandis que les composantes auditives et thématiques du heavy metal sont majoritairement influencées par le réalisme du blues, les composantes visuelles le sont principalement par l'imaginaire de la musique populaire. Les thèmes du mal, du sombre, de la force et de l'apocalypse sont utilisés pour exprimer la réalité des problèmes de la vie[25]. En réaction à la culture hippie « peace and love » des années 1960, le heavy metal se développe comme une contre-culture de type expressionniste dans laquelle la lumière est étouffée par l'obscurité et où la fin joyeuse des chansons pop cède la place à l'expression de la triste réalité de ce monde, où les choses ne s'arrangent pas toujours. Alors même que, selon certains fans, le message du heavy metal n'est pas sombre, ses détracteurs accusent le genre de glorifier les aspects négatifs de la réalité.

En dehors du fantastique, les thèmes abordés par le heavy metal sont généralement plus graves que ceux de la pop des années 1950, 1960 et 1970. Ils tournent beaucoup autour de la guerre, la menace nucléaire, les problèmes de l'environnement et la propagande politique ou religieuse. Entre autres exemples de chansons traitant de ces sujets, on peut citer War Pigs de Black Sabbath, Killer of Giants d'Ozzy Osbourne, ...And Justice for All de Metallica, 2 Minutes to Midnight d'Iron Maiden et Balls to the Wall d'Accept.

Influence classique [modifier]
Extrait de Vivaldi Tribute (Patrick Rondat, Amphibia, 1996), où le guitariste joue un passage des Quatres Saisons de Vivaldi
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L'été de Vivaldi (mouvement 3 - presto)
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Le heavy metal s'est beaucoup inspiré de compositeurs baroques, romantiques et modernes comme Jean-Sébastien Bach, Niccolò Paganini, Richard Wagner et Ludwig van Beethoven[26]. Le fameux accord de triton, par exemple, fut exploité par les compositeurs romantiques ou post-romantiques comme Liszt, et surtout par les compositeurs modernes (comme Bartók, Stravinski ou Schönberg dans ses ½uvres tonales). Ceux-ci, en effet, l'utilisèrent tant pour ses sonorités aux connotations inquiétantes et sombres que pour sa fonction d'instabilité structurelle tonale.

Ritchie Blackmore, le guitariste de Deep Purple et de Rainbow, a par exemple, dès le début des années 1970, incorporé des figures mélodiques empruntées à la musique dite « classique ». Après Ritchie Blackmore, Randy Rhoads et Uli Jon Roth, le jeu de guitare des années 1980 fut influencé par la musique du début du XVIIIe siècle, considérée comme un modèle de rapidité et de technique. Yngwie Malmsteen constitue un autre exemple notable de guitariste inspiré par la musique classique : ses prouesses techniques inspirèrent d'ailleurs un certain nombre de joueurs néo-classiques dont Michael Romeo, Michael Angelo Batio et Tony MacAlpine.

La musique de la fin de l'ère baroque occidentale fut aussi reprise sous un angle gothique, comme dans Mr. Crowley (1981) de Ozzy Osbourne et Randy Rhoads. Ces derniers ont utilisé des sons d'orgue et des solos inspirés de la musique baroque pour créer une ambiance en rapport avec les paroles d'Osbourne, qui traitent de l'occultiste Aleister Crowley. Pour l'introduction de Diary of a Madman (1982), Rhoads a beaucoup emprunté au compositeur de guitare classique cubain Leo Brouwer et, plus particulièrement, son « Étude n° 6 ».

Certains groupes sont allés plus loin encore, en jouant occasionnellement avec des orchestres au grand complet. Yngwie Malmsteen et Ritchie Blackmore furent parmi les premiers à écrire de la musique orchestrale adaptée à leur style. Puis les générations qui suivirent, venant du power metal, du gothic metal et du black metal (notamment des groupes comme Nightwish, Therion, Symphony X, Emperor, Dimmu Borgir) ont poussé leurs influences classiques jusqu'à systématiser le recours à des ambiances plus ou moins symphoniques grâce notamment à l'emploi de synthétiseurs, certains comme Therion allant même jusqu'à s'offrir les services d'orchestres et de ch½urs à chaque enregistrement.

Cependant, s'il est vrai que ces musiciens se sont inspirés de compositeurs classiques, il est important de souligner le fait que, malgré l'idée reçue chez les fans, le metal ne descend pas pour autant de la musique classique[27]. Le « classique » est une musique savante alors que le metal reste avant tout d'essence populaire[28].

De fait, les musiciens de metal se focalisent et empruntent des aspects généralement superficiels de la musique classique (des motifs, des mélodies, des gammes, voire au mieux un dispositif orchestral), cette pratique de réutilisation d'un matériau musical étant d'ailleurs traditionnelle et courante dans pratiquement tous les genres musicaux. Mais ils cherchent rarement une véritable exploitation de la profondeur et de la complexité compositionnelle de la musique classique (et ce, même au sein des sous-genres de metal dits « néo-classique » ou « progressif », malgré leur érudition musicale). Par exemple, les guitaristes supposés inspirés par Bach font rarement usage des structures contrapunctiques complexes qui sont pourtant si centrales dans les compositions de ce dernier.

En outre, l'usage étendu des power chords dans le heavy metal (impliquant d'innombrables quintes et octaves consécutives[29]) va à l'encontre des principes d'écriture fondamentaux de la musique classique: l'emploi de quintes consécutives tout particulièrement constituant une violation d'une règle d'harmonie fondamentale de son esthétique.[30]. Enfin, le fait que de nombreux groupes se qualifient « symphoniques » en utilisant des synthétiseurs en lieu et place d'orchestres serait, aux yeux du monde classique, perçu comme une hérésie ou comme de la pure naïveté. En effet, la pauvreté des sons artificiels d'un synthétiseur ne peut en aucune façon égaler la richesse du spectre acoustique d'un orchestre symphonique.

La complexité et la richesse des messages à caractère musical, social et philosophique du heavy metal résident ailleurs que dans cet emprunt de timbres.

Histoire [modifier]

Le terme « heavy metal » [modifier]

L'origine du terme heavy metal employé en musique est incertaine. Cette expression, utilisée depuis des siècles dans les secteurs de la chimie et de la métallurgie, est répertoriée sous cette acception dans le dictionnaire Oxford English Dictionary. L'une des premières utilisations du terme dans la culture populaire underground revient à l'écrivain américain William S. Burroughs qui, dans son roman The Soft Machine[31] (1961, La Machine molle en français), évoque un personnage du nom de « Uranian Willy, the Heavy Metal Kid ». Dans son roman suivant, Nova Express, publié en 1964, il développe ce thème plus avant encore en faisant de l'expression heavy metal une métaphore des drogues psycho-actives[32]. Ce terme peut aussi signifier « artillerie lourde ».
Photographie du Hindenburg en feu, adaptée ensuite par Led Zeppelin pour la pochette de leur premier album (Led Zeppelin I)
Photographie du Hindenburg en feu, adaptée ensuite par Led Zeppelin pour la pochette de leur premier album (Led Zeppelin I)

Le premier emploi du terme heavy metal dans une chanson enregistrée remonte à 1968, dans la phrase « heavy metal thunder »[33] qui figure dans le morceau Born to Be Wild de Steppenwolf. D'après l'ouvrage The History of Heavy Metal, le terme fut emprunté au « hippiespeak » (« jargon des hippies »), heavy (« lourd ») se rapportant à toute chose capable de générer une humeur intense et metal qualifiant cette humeur potentiellement aiguisée, ou lourde, comme le métal. Le mot heavy (dans son acception signifiant « sérieux » ou « profond » en argot américain[34]) était entré quelque temps auparavant dans le jargon de la contre-culture, notamment celui de la Beat generation, et on trouvait déjà couramment des références à la heavy music, cette expression désignant une musique aux variations plus lentes et plus amplifiées que celles de la musique populaire standard de l'époque. À titre d'illustration, on peut citer le groupe Iron Butterfly, qui fit ses débuts à San Diego en 1966, son nom évocateur (littéralement, « papillon de fer ») étant expliqué sur la pochette de l'un de ses albums : « Iron symbolisait quelque chose de lourd dans le son et Butterfly représentait la lumière, attachante et versatile... un objet librement utilisable par l'imagination. » Qui plus est, le premier album de ce groupe, sorti en 1968, s'intitulait Heavy. Enfin, le fait que le nom même de Led Zeppelin, en partie inspiré par Keith Moon qui avait déclaré que le groupe allait « tomber comme un ballon de plomb »[35], ait incorporé dans sa sonorité l'appellation d'un métal lourd (heavy metal) — le plomb, « lead » en anglais, prononcé led — pourrait avoir scellé le début de la consécration de cette expression.

Autre hypothèse : à la fin des années 1960, Birmingham, qui était encore un haut lieu de l'industrie en Angleterre (de la métallurgie, en particulier), voyait graviter dans ses environs de nombreux groupes de rock, comme The Move ou Black Sabbath, et certains suggèrent que le terme heavy metal pourrait avoir un lien avec les activités de ce pôle industriel britannique. Ainsi, la biographie de The Move indique que le son du groupe est attribuable à son recours aux riffs de guitare « lourds » (heavy en anglais) qui étaient alors populaires dans les « metal Midlands » (partie centrale de l'Angleterre, englobant la ville de Birmingham).[réf. nécessaire]

Sandy Pearlman, le producteur, manager et auteur des chansons des débuts du groupe Blue Öyster Cult, soutient qu'il a été, dans les années 1970, le tout premier à employer le terme heavy metal dans le contexte de la musique rock. Et il est vrai qu'il fut à cette époque l'un des pionniers de la critique de rock, en sa qualité de collaborateur du magazine américain Crawdaddy![36], où il publia en 1971 une critique de l'album The Notorious Byrd Brothers des Byrds dans laquelle il fit usage de l'expression heavy metal pour qualifier l'un des morceaux présents sur le disque, Artificial Energy[37]. Autre relation entre Sandy Pearlman et le sens premier de l'expression heavy metal : sa conception, dans le cadre de l'élaboration de l'imagerie propre au groupe, d'un symbole inspiré du symbole alchimique du plomb, l'un des métaux les plus lourds. Instinctivement, il mit ensuite ce terme en avant pour décrire le style de la musique de Blue Öyster Cult.

Une hypothèse tardive, mais disputée, concernant l'origine du genre fut avancée par « Chas » Chandler, manager de The Jimi Hendrix Experience en 1969, dans un entretien qu'il accorda en 1995 à l'émission Rock and Roll d'une chaîne américaine du réseau PBS. Selon lui, « le terme "heavy metal" est apparu dans un article du New York Times relatant une performance de Jimi Hendrix ». Il rapporta en outre que l'auteur de l'article écrivait qu'écouter The Jimi Hendrix Experience, c'était « ... comme écouter du métal lourd (heavy metal) qui tombe du ciel. » La source précise de cette affirmation n'a toutefois pas été retrouvée et son authenticité est donc mise en doute.

Il semble que le premier usage bien documenté du terme heavy metal pour décrire précisément un style de musique soit apparu dans le numéro de mai 1971 du magazine américain Creem, dans une critique de l'album Kingdom Come de Sir Lord Baltimore. Dans cette critique, l'auteur, en:Mike Saunders, déclare que « Sir Lord Baltimore semble maîtriser à la perfection la plupart des ficelles du heavy metal »[38]. Par la suite, c'est au critique Lester Bangs, grande figure de la critique rock et notamment du mensuel Creem, que l'on attribua la popularisation du terme heavy metal, au début des années 1970, pour qualifier le style de groupes comme Led Zeppelin et Black Sabbath[39].

Si, à l'origine, le terme heavy metal a parfois revêtu une connotation péjorative sous la plume de certains critiques, les fans du genre se le sont toutefois rapidement approprié. De la même manière, des groupes déjà bien établis, comme Deep Purple, qui venaient de la pop ou du rock progressif, se sont immédiatement réclamés du heavy metal, saisissant l'occasion pour épouser une approche plus agressive de leur musique, en décuplant les effets de distorsion et d'amplification.

Origines (années 1960 et début des années 1970) [modifier]
Extrait de You Really Got Me (The Kinks, Kinks, 1964)
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Le blues et la musique noire américaine furent des sources d'influence majeures pour les tout premiers artistes de rock 'n' roll, par exemple Elvis Presley ou encore les rockeurs anglais. Des groupes comme les Rolling Stones et les Yardbirds ont enregistré de nombreuses reprises de chansons de blues classiques, parfois en accélérant le tempo et en utilisant la guitare électrique au lieu de la guitare acoustique.

Ces pratiques d'amplification de la musique blues traditionnelle furent évidemment stimulées par les nouveaux champs d'expérimentation intellectuels et artistiques qui s'offrirent aux musiciens quand ils se mirent à exploiter les multiples possibilités de la guitare électriquement amplifiée en termes de puissance sonore et de dissonance. Côté percussions, alors que les styles rythmiques du blues-rock consistaient en de simples rythmes en shuffle[40] sur des petites batteries, les batteurs commencèrent à adopter un jeu plus musclé, plus complexe et plus amplifié, de manière à se mettre au diapason des sons de guitares de plus en plus forts. De la même manière, pour s'adapter à l'amplification, les chanteurs ont modifié leurs techniques vocales, gagnant généralement au passage en emphase et en théâtralité. Dans le même temps, les avancées technologiques réalisées dans le domaine de l'enregistrement sonore ont permis la capture et la retranscription sur différents supports (bandes magnétiques, vinyles) de la puissance de cette nouvelle approche de la musique, à la fois plus lourde et plus technique.
Tony Iommi et Ozzy Osbourne de Black Sabbath en 1973.
Tony Iommi et Ozzy Osbourne de Black Sabbath en 1973.

Les exemples les plus anciens de musique généralement identifiée comme porteuse des codes du heavy metal viennent du Royaume-Uni où, dès la fin des années 1960, des groupes comme Led Zeppelin et Black Sabbath se sont mis à appliquer aux gammes et aux arrangements traditionnels du blues cette démarche alors avant-gardiste, qui donnait naissance à une musique nouvelle[41]. Ces groupes étaient en outre très influencés par les musiciens de rock psychédélique américains comme Jefferson Airplane et Jimi Hendrix, qui furent les premiers à amplifier et à modifier les guitares du blues-rock et qui ont ainsi servi de pont entre la musique afro-américaine et les rockeurs européens.

Parmi les autres influences souvent citées, on trouve Vanilla Fudge, qui a ralenti et « psychédélisé » les mélodies populaires, et des rockeurs anglais comme The Who et The Kinks, qui ont posé les bases du style heavy metal en introduisant les power chords et des percussions plus agressives.

Nombreux sont les artistes et les morceaux dont il a été dit qu'ils étaient les précurseurs du genre. Ainsi, pour certains, le titre You Really Got Me des Kinks (1964) constitue l'une des toutes premières chansons de heavy metal[42]. De fait, elle fut peut-être la première à utiliser comme base un riff de power-chords répétitifs et distordus.

Le groupe Cream, avec sa formule alors novatrice de power trio, actif de 1966 à 1968, eut lui aussi une influence considérable, découlant de la puissance sonore engendrée par le jeu complice très amplifié du guitariste Eric Clapton et du bassiste Jack Bruce, adossé au jeu de percussion musclé du batteur Ginger Baker[43]. Dans le sillage de ces pionniers, en 1968, les sons de heavy blues étaient devenus monnaie courante dans la musique populaire. Cette année-là, la reprise par Blue Cheer du hit Summertime Blues d'Eddie Cochran, parue en janvier, est considérée par certains comme la première vraie chanson de heavy metal[44]. Au même moment, Steppenwolf sort son titre Born to Be Wild tandis que les Yardbirds, qui comptent alors en leur sein le guitariste Jimmy Page (futur Led Zeppelin), enregistrent le single Think About It qui, propulsé sur les ondes deux mois plus tard, révèlera un son similaire à celui qui deviendra plus tard caractéristique de Led Zeppelin. Autre sortie notable de l'année 1968, dans la même veine annonciatrice du heavy metal : le titre In-A-Gadda-Da-Vida d'Iron Butterfly, paru en juillet.

Les spécialistes des Beatles, pour leur part, mettent en avant la chanson Helter Skelter de l'album The Beatles (plus connu en tant que White Album ou Album blanc) et la version single du titre Revolution, toutes deux sorties en novembre 1968, qui firent date dans l'histoire de la musique pop et rock, en imposant de nouveaux standards de distorsion et d'agressivité sonore[45]. Au même moment, le groupe de Dave Edmunds, Love Sculpture, sort lui aussi un morceau aux guitares torturées et tapageuses, sous la forme d'une reprise rock de la pièce classique La Danse du sabre d'Aram Khatchatourian.

Sorti en août 1968, Truth, le premier opus du Jeff Beck Group, fera date dans l'histoire du rock. Précédant de quelques mois le premier album de Led Zeppelin (janvier 1969), il est parfois considéré (surtout par les fans de blues britanniques) comme le premier album de heavy metal. En 1969, sur l'album In the Court of the Crimson King du groupe de rock progressif King Crimson, on décèle sur le titre 21st Century Schizoid Man nombre de traits thématiques et musicaux caractéristiques du heavy metal : un son de guitare particulièrement distordu, les solos dissonants du guitariste Robert Fripp, des paroles axées sur une vision négative de l'avenir de l'homme du XXIe siècle, une ambiance sombre et l'extrême distorsion de la voix du chanteur Greg Lake.
Jethro Tull en 1997.
Jethro Tull en 1997.

Les codes du genre qu'on allait par la suite baptiser « heavy metal » furent véritablement définis et scellés par trois albums sortis en 1970 : Led Zeppelin III de Led Zeppelin, Black Sabbath de Black Sabbath et In Rock de Deep Purple[46]. En effet, on trouve indéniablement chez Led Zeppelin l'aspect théâtral du genre, avec les hurlements du chanteur Robert Plant mis au service des thèmes de la magie, de la conquête et de l'occulte abordés dans les paroles des chansons[47]. Thèmes de l'occulte également très présents chez Black Sabbath, dont le nom même fut choisi en référence à un film d'horreur de Bela Lugosi. Chez Black Sabbath, on découvre le recours intensif aux power chords, le guitariste Tony Iommi, amputé de deux doigts, imprimant à son jeu une couleur particulière qui sera ensuite associée au heavy metal. Le groupe Deep Purple, quant à lui, après avoir quelque peu cherché son style à ses débuts, aborde les années 1970 en adoptant une approche résolument heavy metal de sa musique, tant dans les choix vocaux de son chanteur Ian Gillan que dans les arrangements de son guitariste Ritchie Blackmore[48] (qui accouchera du riff le plus célèbre de l'histoire du hard rock sur le titre "Smoke on the water", présent sur le tout aussi culte album Machine Head). Le début des années 70 fut aussi marqué par l'apparition d'Alice Cooper, considéré comme l'un des précurseurs du shock rock. Usant de formes de provocation particulièrement osées pour l'époque (simulations de décapitation à la guillotine sur scène, maquillage, vêtements et comportements résolument provocateurs), Alice Cooper, qui était alors un groupe soudé (dont le splitt marquera le point de départ de la carrière solo de Vincent Furnier), sera "le premier groupe banni d'Angleterre" selon l'artiste, les autorités britanniques justifiant cette résolution par un excès de sang à l'occasion des manifestation scéniques du groupe[49].

Bon nombre des premiers groupes de heavy metal, comme Led Zeppelin, Deep Purple, Uriah Heep et UFO, sont désormais considérés, au sein de la communauté actuelle des amateurs de metal, non pas comme des groupes de heavy metal au sens où on l'entend aujourd'hui, mais plutôt comme des groupes de hard rock. D'ailleurs, beaucoup de ces groupes ne se réclament pas de l'étiquette heavy metal, même s'ils reconnaissent avoir contribué, par leurs ½uvres respectives, au développement et à l'essor du genre. À cette époque, et tout au long des années 1970, les termes heavy metal et hard rock étaient en fait à peu près synonymes. Pour illustrer la confusion des genres ainsi générée, on peut citer Jethro Tull, qui n'est pas considéré comme un groupe de heavy metal et qui ne s'est jamais réclamé du genre, mais qui a tant marqué les esprits avec son album Aqualung (1971)[50], au style proche des codes du heavy metal alors naissant, que le groupe reçut, des années plus tard, le Grammy Award du meilleur album du genre pour en:Crest of a Knave (1987), à la surprise générale. Autre groupe ayant flirté à la même époque avec les frontières encore floues entre rock psychédélique et heavy metal : Hawkwind, avec notamment sa chanson Master of the Universe (1971).

Beaucoup d'artistes précurseurs du metal sont aussi considérés comme précurseurs du punk, tels que The Stooges, les MC5, The Who, The New York Dolls, The Troggs et Blue Cheer.

Heavy metal classique (fin des années 1970 et début des années 1980) [modifier]

Les historiens de la musique ne sont pas tous d'accord quant au poids à accorder aux différents acteurs de la scène heavy metal de la fin des années 1970 et du début des années 1980. Ainsi, certains ignorent ou minimisent l'importance de groupes comme Blue Öyster Cult (qui connurent un succès modéré auprès du grand public) et de la scène glam metal de Los Angeles (qui ne commença à véritablement devenir populaire que dans les années 1980), mettant plutôt l'accent sur l'apparition d'influences classiques chez des guitaristes tels que, par exemple, Randy Rhoads[réf. nécessaire]. D'autres, en revanche, préfèrent souligner l'hybridation qui intervint entre le heavy metal et le punk rock à la fin des années 1970 (cf. les Sex Pistols)[réf. nécessaire], notamment en accordant beaucoup d'importance à la New Wave Of British Heavy Metal (NWOBHM) apparue aux alentours de l'année 1980, menée par des groupes comme Motörhead, Def Leppard, Saxon et Iron Maiden.

Parmi ceux qui privilégient cette seconde hypothèse, au nombre desquels on compte des musiciens influents du genre, certains pensent que les fondations du style et du son caractéristiques du heavy metal pur, dit « classique », ont été établies par le groupe britannique Judas Priest, avec trois de ses premiers albums : Sad Wings of Destiny[51] (1976), Sin After Sin (1977) et Stained Class (1978). De fait, selon le musicologue Robert Walser, Judas Priest passa la décennie à « parachever la définition du heavy metal »[52].

Le groupe Rainbow, fondé en 1975 par Ritchie Blackmore, guitariste de Deep Purple, est parfois cité comme ayant sa place au sein des pionniers d'une sorte de heavy metal pur[53], dans la droite lignée stylistique des deux albums de Deep Purple sortis en 1974, Burn et Stormbringer, bien que ces groupes soient plus généralement considérés comme des groupes de hard rock. Suivant l'exemple de Judas Priest, les groupes de heavy metal ont rapidement commencé à regarder au-delà de l'utilisation presque exclusive de la gamme du blues pour incorporer dans leurs solos des modes ditoniques. Cette approche plus complexe qui, via le rock progressif, s'est mise à intégrer davantage d'éléments issus de la musique classique et du jazz, s'est depuis répandue dans les différents sous-genres du metal.
Extrait du célèbre solo de Eruption (Van Halen, Van Halen, 1978)
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La virtuosité à la guitare, littéralement incarnée en 1978 par Eddie Van Halen dans le fameux solo qu'il réalise sur le titre Eruption (tiré de l'album Van Halen — solo que beaucoup considèrent comme une pierre angulaire dans l'histoire du heavy metal[54]), devient dès lors un ingrédient incontournable du genre, comme en témoignent, par exemple, les prouesses de guitaristes tels que Ritchie Blackmore, Randy Rhoads ou Yngwie Malmsteen. Dans ce climat propice à la virtuosité, la guitare classique aux cordes en nylon est parfois utilisée en concert ou en studio, à l'instar de Randy Rhoads sur le titre Dee de l'album Blizzard of Ozz d'Ozzy Osbourne, sorti en 1980. Qui plus est, à partir de cette période, des stars de la guitare classique, comme Liona Boyd, n'hésitent pas à collaborer avec des stars du heavy metal dans le cadre d'une toute nouvelle fraternité de guitaristes où les « anciens » et les « modernes » dépassent leurs traditionnelles querelles pour partager leurs techniques.

Succès auprès du grand public (années 1980) [modifier]
Kiss en concert (2004)
Kiss en concert (2004)

Le sous-genre du heavy metal le plus populaire, le glam metal, a émergé aux États-Unis durant les années 1980. L'épicentre de cette explosion était surtout situé autour du Sunset Strip de Los Angeles, Californie. La première vague de glam metal consistait en des groupes comme Mötley Crüe, Ratt, W.A.S.P., Dokken, et Twisted Sister qui étaient influencés par des groupes de heavy metal comme Deep Purple ou Black Sabbath et incorporaient des solos de guitare dans la majorité de leurs chansons. Möltey Crüe et W.A.S.P., entre autres, se sont développés à partir des fondations laissées par Alice Cooper et KISS, notamment par leur attitude sur scène, souvent en s'aventurant dans les territoires du shock rock. À l'époque, des groupes comme Dio, Ozzy Osbourne, et Judas Priest ont utilisé des stylistiques glam metal dans leur musique. Sous une forme ou une autre, le glam metal a dominé les ondes radios grand public du début des années 1980 jusqu'au début des années 1990.

Ce genre a causé une rupture dans la communauté metal des années 1980, largement à cause de l'image des groupes de glam metal, surtout celle des groupes à l'allure plus féminine (ou disons androgyne) comme Poison et Bon Jovi, par opposition à l'imagerie très virile véhiculée par le thrash metal et autres sous-genres plus violents.

Diversification des sous-genres (des années 1980 aux années 2000) [modifier]
Metallica lors de la tournée ...And Justice for All renommée Damage Justice Tour (1980)
Metallica lors de la tournée ...And Justice for All renommée Damage Justice Tour (1980)

Beaucoup de sous-genres du heavy metal sont apparus durant les années 1980. Plusieurs personnes ont essayé de faire une carte du monde complexe du metal underground[55], particulièrement les éditeurs du guide en-ligne "Allmusic", ainsi que le critique Gary Sharpe-Young. Les encyclopédies du metal multi-volumes de Sharpe-Young séparent le metal underground en cinq catégories majeures: thrash metal, death metal, black metal, power metal, et, finalement, les sous-genres très proches du doom metal et du metal gothique. En s'écartant des racines hard rock, un genre qui a été influencé par le punk hardcore émergea dans les années 1980 : le thrash metal dont le son était plus agressif, plus bruyant et plus rapide que celui des groupes de metal originaux ou des groupes de glam metal de l'époque. Les partitions de guitares étaient souvent techniquement plus complexes. Ce sous-genre fut popularisé par ce que certains appellent aujourd'hui le Big Four Of Thrash (Les Quatre Grands du Thrash) : Anthrax, Megadeth, Metallica, et Slayer. D'autres groupes comme Testament et Exodus, tous deux de Californie, Overkill, du New Jersey, et les Brésiliens Sepultura ont eux aussi eu un fort impact. À l'exception de Metallica, qui vendait constamment des millions de disques et qui ont même été 6ème au Billboard avec leur album ...And Justice for All durant les années 1980, le thrash était plus underground[55] en termes de ventes et de couverture média comparé à d'autres sous-genres populaires. Pendant les années 1990, les ventes des groupes de thrash ont augmenté, particulièrement celles du Big Four.
Megadeth, un des groupes du Big Four Of Thrash (2005)
Megadeth, un des groupes du Big Four Of Thrash (2005)

Le metal progressif, une fusion entre le style des groupes comme Rush, King Crimson et le heavy metal est apparu dans les années 1980. Ses innovateurs, dont Fates Warning, Queensrÿche, et Dream Theater, se sont réjouis du bon accueil et de leur succès à l'époque du glam metal.

A une époque où le thrash metal faisait sa loi dans le monde du metal underground, un nouveau genre connu sous le nom de doom metal (commençant dans les années 1980 avec des groupes comme Saint Vitus) prit une différente direction. Au lieu de mettre l'accent sur la vitesse, les groupes de doom metal ont ralenti leur musique. Les thèmes, styles, et approches du genre ont été très influencées par Black Sabbath, et ces influences ont résisté jusqu'à aujourd'hui.

Dans le début et le milieu des années 1990, le thrash commenca à évoluer et à glisser vers des genres de metal plus extrêmes, comme le death metal et le black metal. Beaucoup de groupes de death metal décidèrent d'augmenter leur niveau de vitesse et de technicité pour créer un son qui n'avait jamais été entendu jusque là. Même si le jeu de guitare très technique restait très important (comme dans la plus part des genres de metal), le death metal a aussi donné un rôle capital à des batteurs de qualité. Les techniques vocales du death metal sont généralement plutôt "dures" et peuvent être des grognements gutturaux, des cris très hauts et aigus, ou d'autres vocalisations du même genre qu'on ne trouve pas dans d'autres styles de musique.

En complément des voix agressives et profondes, on trouve des guitares sous-accordées soumises à de hauts niveaux de distorsion et des percussions extrêmement rapides qui utilisent beaucoup de double-pédale (batterie équipée d'une pédale double sur la grosse caisse, afin d'augmenter la vitesse de jeu). Des changements de tempo et de durée de mesure ne sont pas rares. Le death metal, terme qui vient probablement de la chanson "Death Metal" de Possessed, tiré de leur album Seven Churches, avec Possessed et Death comme groupes proéminents, évoluera plus tard en sous-genres divers et variés qui incluront beaucoup de groupes comme Nile et Suffocation.
Celtic Frost fut l'une des plus grandes influences pour les groupes de black metal des années 1990 (2006)
Celtic Frost fut l'une des plus grandes influences pour les groupes de black metal des années 1990 (2006)

Le black metal est un genre de metal extrême né en Europe et qui est peut être l'un des genres de metal les plus underground[55] (bien que quelques groupes de black metal symphonique comme Dimmu Borgir soient devenus très populaires). Les thèmes sataniques et païens sont très fréquents dans ce genre. Le black metal, terme initié par Venom, avec leur album Black Metal, a finalement créé un petit cercle de groupes qui seront ensuite associés à une violence considérable dans les années 1990 (voir l'article Black metal pour plus de détails). Le black metal peut varier considérablement dans la qualité de sa production et dans son style, bien que presque tous les groupes utilisent une technique vocale grognée et criée, des guitares soumises à de très fortes distorsion, et une atmosphère sombre. Les Danois Mercyful Fate sont souvent considérés comme les pionniers du corpse paint qui est fréquent dans le black metal. Bathory (généralement considéré comme l'un des premiers groupes de black metal, bien qu'il ait ensuite fait des albums centrés sur la musique viking), Celtic Frost et Mayhem étaient les groupes clef de l'époque, et l'un des groupes les plus connus et techniquement habiles était Emperor.

Depuis les années 1980 et durant les années 1990, le power metal a évolué dans une direction opposée au death metal et au thrash metal en gardant la vitesse, la mentalité anti-commerciale, et l'intensité du heavy metal mais se concentrant plus sur des thèmes et mélodies épiques et positives. Le power metal contient généralement des chants "clairs" relativement hauts, similaires à ceux utilisé par les chanteurs de NWOBHM (comme Rob Halford ou Bruce Dickinson), contrairement aux grognements du death metal. Les groupes power metal traditionnels comme Manowar et Hammerfall ont un son très proche de celui du heavy metal classique tandis que les groupes de power metal moderne comme Nightwish, Dragonforce et Rhapsody of Fire ont souvent une forte influence symphonique basée sur les claviers, et parfois utilisent des orchestres ou des chanteurs (ou chanteuses) d'opéra. Le power metal a gagné une forte communauté de fans en Amérique du Sud et au Japon.
Articles détaillés : thrash metal, death metal, black metal, power metal, doom metal, metal gothique, metal progressif et New Wave Of British Heavy Metal.

Metal alternatif et néo metal (années 1990 et années 2000) [modifier]
Les Red Hot Chili Peppers en 2005
Les Red Hot Chili Peppers en 2005

La domination du metal a pris fin avec l'apparition de Nirvana et d'autres groupes de grunge qui ont annoncé la percée du rock alternatif au début des années 1990. D'après certains critiques, le succès de Pantera, dont le style de groove metal était également responsable du détrônement du metal populaire des années 1980, est aussi remarquable.

Avec ces nouvelles percées, des groupes actifs durant les années 1980 commencèrent à devenir plus connus et à recevoir une plus grande attention de la part du grand public. Ce fût principalement le cas pour les groupes qui avaient fusionné le rock alternatif et le heavy metal et qui créèrent ce qui fut appelé le metal alternatif. Ce nouveau genre intégra des groupes divers et variés comme le groupe de grunge Alice in Chains, le groupe de rock gothique Jane's Addiction, le groupe noise rock White Zombie, et de nombreaux autres groupes influencés par d'autres genres alternatifs. Les Red Hot Chili Peppers ont fusionné leur rock alternatif avec du punk, du funk, du hip-hop, et du metal, tandis que Danzig a suivi Glenn Danzig (ancien fondateur des Misfits et de Samhain) vers un heavy metal teinté d'influences blues à partir de 1987. Ministry commenca à incorporer du metal dans leur musique industrielle, et Primus a combiné des éléments de funk, de punk, de thrash metal, et de musique expérimentale. D'autres, enfin, renaissent en popularisant efficacement leur musique, comme Alice Cooper et son album à succès Trash, incluant le tube particulièrement marquant "Poison".
Le groupe Slipknot en concert en 2005
Le groupe Slipknot en concert en 2005
Extrait de "A.D.I.D.A.S" (KoЯn, Life Is Peachy, 1996)
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Tandis que le succès du metal alternatif augmentait, des groupes très différents comme Fear Factory, Helmet, Rage Against the Machine et Tool, influencèrent une nouvelle vague de groupes de rock. Ces groupes n'étaient pas issus de la fusion précédente entre le rock alternatif et le heavy metal, mais d'un nouveau genre dérivé de cette fusion qui finit par se faire appeler le nu metal (néo metal en Francais). KoЯn, Deftones, System of a down, Papa Roach, Limp Bizkit, Linkin Park, Slipknot et P.O.D. sont les groupes de néo metal les plus connus. Le néo metal a connu un bon succès populaire grâce à une forte publicité de la part de MTV et de la formation en 1996 du festival de musique Ozzfest, créé par Ozzy Osbourne, qui conduisit les médias à parler d'un renouveau du heavy metal. Le succès massif du néo metal a suscité de nombreux débats dans le milieu du metal, notamment pour savoir et s'il faisait partie ou non du metal, les fans de metal extrême ou de metal underground considèrent en général que ce n'est pas le cas.

Au début des années 2000, le festival Ozzfest a reçu de nombreux groupes de metalcore (citons par exemple Killswitch Engage - considéré comme le groupe fondateur du mouvement de part son ancienneté -, Chimaira, Trivium, Bullet For My Valentine, Avenged Sevenfold, Lamb Of God, ...) et a contribué à la popularité de ce genre. Quelques uns voient dans ce style un successeur du néo metal, tandis que d'autres croient qu'il deviendra populaire et à la mode de la même manière que le néo metal.
Articles détaillés : metal alternatif, metal industriel, nu metal et metalcore.

Tendances récentes (millieu des années 2000) [modifier]

Au milieu des années 2000, une renaissance du heavy metal traditionnel a commencé à émerger avec des groupes dans le style des pionniers du genre, comme Led Zeppelin, Elements City, Black Sabbath, et Deep Purple. Parmi ces nouveaux groupes influents on trouve Wolfmother, The Sword, The Illuminati, Witchcraft, Witch, et le groupe irlandais The Answer. Ces groupes ont gagné la reconnaissance des médias de musique populaire récente, comme Revolver, Kerrang!, Guitar World, et en particulier Classic Rock, qui a élu The Answer meilleur nouveau groupe de 2005. Wolfmother a atteint le top 25 des ventes d'albums au Royaume-Uni et top 22 sur le Billboard américain.

Durant la même période, plusieurs groupes se sont reformés et ont ainsi aidé à faire renaître l'intérêt perdu pour le style "metal classique". La réunion de Black Sabbath avec leur chanteur initial en 1997, tout comme celle de Judas Priest avec leur premier chanteur en 2003, ainsi que de nombreux autres, ont aidé à attirer l'attention d'un public plus jeune vers des groupes plus anciens. Ces groupes se sont généralement réunis des années après leur séparation avec l'idée d'un concert unique, mais ont décidé de rester ensemble plus longtemps.

Impact culturel
Les "cornes"
Les "cornes"
Headbang et Air guitar
Headbang et Air guitar

Les aspects bruyants et conflictuels du heavy metal ont souvent causé des frictions entre les fans et le grand public dans de nombreux pays. En effet, le grand public perçoit la culture heavy metal, principalement dans les sociétés conservatrices, comme un encouragement à l'hédonisme et à des sentiments anti-religieux. En Jordanie, par exemple, tous les albums de Metallica (sortis ou non) ont été bannis en 2001[56]. En Europe et en Amérique, les fans de heavy metal (surnommés « hardos » ou « metalleux » dans certains pays francophones, metalheads en Anglais) sont stéréotypés par le grand public comme étant attirés par le coté anti-social et fantastique des paroles du heavy metal, mais aussi par le volume élevé et le rythme de cette musique. C'est ainsi qu'apparut le stéréotype du headbanger, adolescent qui affiche sa rébellion en écoutant de la musique morbide et bruyante. Cette image a été mise en avant dans la culture populaire dans des emissions télévisées comme Beavis et Butthead ou dans le film Airheads. Le film Wayne's World sorti en 1992 offre un autre point de vue à travers deux héros attachants, mais décérébrés dans lequel toute une génération de « hardos » s'est à un moment reconnue. Les excès du heavy metal, illustrés par le glam metal, ont souvent été parodiés, et particulièrement dans le film This Is Spinal Tap (voir aussi le phénomène du "umlaut heavy metal"). À l'inverse, Metal: A Headbanger's Journey tente de détruire ces différents clichés.

De nombreuses caractéristiques du heavy metal se sont répandues au dela de la scène. Par exemple, les "cornes" (popularisées par le chanteur de heavy metal Ronnie James Dio à l'époque de Black Sabbath[57]), sont devenues quasi immanquables durant les concerts. D'autres pratiques, comme le headbang, le Pogo, le stage diving, le air guitar, et le slam, sont aussi fréquentes, bien que le air guitar soit moins populaire aujourd'hui. Durant les années 1970 et 1980, des fondamentalistes chrétiens ont accusé des groupes comme Black Sabbath, Iron Maiden , KISS, Mercyful Fate, Judas Priest, Led Zeppelin, Mötley Crüe, Ozzy Osbourne, Alice Cooper, et W.A.S.P. de satanisme à cause de leur tendance à évoquer des thèmes occultes dans leur paroles[58]. Une rumeur populaire de l'époque (qui court encore dans certaines régions et communautés) était que les albums de heavy metal avaient des messages subliminaux qui encourageaient celui qui les écoutaient à vénérer le Diable ou à se suicider.
Pentacles inversés, symbole du satanisme, pendant un concert de Slayer
Pentacles inversés, symbole du satanisme, pendant un concert de Slayer

Le plus souvent, le satanisme n'est qu'un symbole culturel (et non religieux)[59]. Beaucoup de fans portent ainsi des symboles sataniques (pentacle de satan par exemple), sans avoir pour autant de rapports avec la religion ni savoir ce que cela implique.

La musique heavy metal est souvent apparentée au mouvement gothique, mais ce n'est pas toujours le cas. Les groupes de metal sombres, macabres et parfois provocateurs, ont formé le metal gothique, qui est apparu au début des années 1990[60].

Le concours de l'Eurovision, remporté pour la première fois en 2006 par un groupe de hard rock/heavy metal (Lordi), montre un regain de popularité du heavy metal dans la culture populaire.

Styles associés [modifier]
Angus Young, guitariste d'AC/DC (Cologne, 2001)
Angus Young, guitariste d'AC/DC (Cologne, 2001)

Le hard rock, mentionné plus haut, est très lié au heavy metal (ils sont d'ailleurs souvent confondus) bien que le hard rock ne corresponde pas à la description du heavy metal donnée par les puristes; il est aussi dominé par l'emploi de la guitare et s'appuie sur des riffs, mais ses thèmes et leur exécution sont différents de ceux du heavy metal. The Who sont un exemple représentatif du genre vers la fin des années 1960 et le début des années 1970, ainsi que d'autres groupes des années 1970 et 1980 comme Queen, AC/DC, Aerosmith, KISS, Thin Lizzy, et les Scorpions qui ont eu une grande influence sur le heavy metal.

Le glam rock (aussi appelé glitter rock) - qui n'a eu qu'une courte durée de vie au début des années 1970 - dépendait de guitares lourdes et crunchy (croustillant), de chansons à hymne, et d'une image théâtrale. T-Rex, David Bowie (particulièrement dans le rôle de Ziggy Stardust) sont les exemples plus cités de ce sous-genre, même si des groupes comme Twisted Sister sont assurément plus représentatifs de ce mouvement allant bien au delà du seul style musical.

Le punk et le heavy metal se sont mutuellement influencés, comme par exemple lorsque Lemmy Kilmister le leader du groupe Motörhead a passé du temps dans le groupe punk The Damned et a, dit-on, essayé d'apprendre à Sid Vicious à jouer de la basse.

Le rock alternatif, particulièrement le grunge, a été parfois influencé par le heavy metal. Quelques groupes de grunge, comme Soundgarden et Alice in Chains, ont d'ailleurs été considérés comme des groupes de metal avant que le genre « alternatif » soit reconnu par le public.


Origines
stylistiques Rock psychédélique
Blues rock
Hard rock
Origines
culturelles États-Unis et
Royaume-Uni
Fin des années 1960
Instruments
typiques Guitare, basse, batterie
Popularité Mondiale, surtout dans les années 1980
Formes dérivées:
Genres dérivés :
Avant-garde metal
Black metal
Death metal
Doom metal
Folk metal
Glam metal
Gothic metal
Metal alternatif
Metal industriel
Metalcore
Metal néo-classique
Nu metal
Power metal
Metal progressif
Speed metal
Metal symphonique
Thrash metal
Genres associés:
Hard rock
Glam rock
Punk rock
Grunge
Scènes régionales:
Göteborg
Royaume-Uni
San Francisco
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# Posté le lundi 28 mai 2007 14:32

rock gothique

rock gothique
Rock gothique

Historiquement, le rock gothique est né à Londres sur les cendres du mouvement punk, avec des groupes comme Siouxsie & the Banshees, The Cure et Joy Division, groupes contemporains du punk-rock incarnés par les Sex Pistols, The Clash, Buzzcocks , Generation X (etc.)au Royaume-Uni en 1977-1979. Tandis que ces derniers pratiquaient rock agressif et extraverti, les groupes goths étaient plus introvertis et personnels. Le rock Gothique a seulement commencé à être défini comme mouvement avec l'apparition de Bauhaus en 1979 puis avec le mouvement Batcave, Sisters of Mercy.

Le mouvement a divergé du punk de plusieurs manières, particulièrement par ses influences. Tandis que le punk était sans doute lié au Dadaisme et au Situationnisme, des éléments de la culture goth peuvent remonter à des mouvements littéraires beaucoup plus anciens comme l'horreur gothique, le Romantisme, la philosophie existentialiste. Leur culture dessine des individus créateurs souvent très intéressés par une variété de mouvements artistiques, religieux, historiques. Le mouvement gothique revendique moins des valeurs sociales et politiques qu'une "esthétique", se focalisant en grande partie sur la croyance personnelle « gothic » et souvent sur une culture plus large. Une autre thèse viendrait de Johnny Rotten, interviewé dans le documentaire rock The Filth and the Glory où il attribue le look et l'esthétique gothique a Sid Vicious dans sa phase autodestructrice junky, heroinomane, tout de noir vêtu, les cheveux ébouriffés par la bière et la crasse, la peau lacérée, le teint pâle. Cette thèse tendrait à privilégier le côté autodestructeur, nihiliste, morbide et héroinomane du mouvement. Thèse renforcée par les mythologies construites autour de la mort de celui-ci et de Ian Curtis qui marqueront profondement l'esthétique gothique du debut des années 80, mettant au second plan, du coup, le côté profondément ironique et théâtral, inspiré du Glam Rock anglais, de groupes comme Bauhaus, Virgin Prunes, Christian Death ou Fad Gadget. On notera par ailleurs que cette phase nihiliste sera délaissée par la suite au profit d'une esthétique plus classique Hard-Rock macabre.

Groupes clés

Siouxsie & the Banshees et The Cure ont régulièrement maintenu des attaches avec la culture, le style et l'esthétique "goth" alors que leur musique s'en est écartée. Siouxsie s'est affirmé avec l'album Nocturne ( 1983), fleuron noir "gothique". Après 1983, leur utilisation de l'imaginaire gothique est plus incertaine. The Cure apporte une contribution originale au genre, concentrée sur les albums Seventeen Seconds, Faith et surtout Pornography. La noirceur et la radicalité de Joy Division ont fait d'eux une référence forte et durable du mouvement. Cependant après le suicide de Ian Curtis, le groupe devient New Order,un nouveau groupe de New wave orientée "Dancefloor". Bauhaus est également une grande référence du rock gothique, fortement influencé par le glam rock britannique, comme David Bowie et T. Rex. Certains des membres de Bauhaus ont formé Tones on Tail après l'éclatement du groupe, libérant la musique gothique influencée fortement par l'album Pet Sounds des The Beach Boys et Psychedelia. Jane's Addiction, un groupe moderne de Hard rock utilise des aspects du jeu de guitare de Daniel Ash. Jane's Addiction apparaît dans le film tragique, Gift. Dans les années 1990 le rock goth britannique s'est rapproché d'un hard rock standard, auquel s'ajoutent souvent des synthétiseurs, ou des effets de guitare qui ressemblent à des synthés. La stratégie des chanteurs change, la musique est plus introspective que l'énergie délivrée par le hard rock :

* chanteur
* joueur(s) de guitare
* joueur basse
* batteur
* joueur de Synthé


Caractéristiques musicales

Le rock gothique est à son niveau plus fondamental une combinaison de rock punk et de New wave.

Entre 1979-1985 on l'a connu comme vague post-punk, alternative et nouvelle.

Le lyrisme est généralement très poétique au naturel, et suit des mélodies dans l'instrumentation de la chanson.

Les arrangements de guitare sont l'influence la plus notable au modèle musical global. Les micros à simple bobinage sont utilisés en priorité, Fender Jazzmasters, Jaguars et Mustangs sont bien adaptées. Le son de guitare avant le traitement s'étend du son clair au saturage chaud avec des arrangements de gain approximativement à 50%. La combinaison des effets suivants vous donnera ce son :

* Chorus
* Flanger
* Echo analogique, utilisation occasionnelle d'écho à bande (Tape Delay) également.
* Réverbération de la basse entre 0-75%

La basse fait retentir un son très chaud et rond, et emploie souvent des effets de chorus et/ou de flanger.

Les percussions sont souvent jouées par un batteur utilisant un kit électronique, les fréquences sont entre 80-150 battements par minute.

Les synthétiseurs ont habituellement les mêmes attributs que ceux de la guitare, et sont généralement basés sur un type de 'cordes' avec un taux d'attaque de 25%.

* La composition en chanson utilise les progressions d'accords I-IV-V (fondamentale, quarte, quinte) qui caractérisent le rock & roll, mais les accords sont souvent augmentés ou diminués.
* Les thèmes en tonalité mineure sont répandus.
* La composition est habituellement orientée guitare, et suit la vague déferlante de balances verticales, plutôt que les balances horizontales du blues.
* Les points focaux sont souvent sur les deux incréments de semi-tonal de la balance particulière.
* Divers fingerings d'octave sont souvent substitués aux accords.
* Le modèle de jeu est généralement tous les downstrokes, pour créer le 'son'.

Ce type de rock gothique exige un musicien assez habile, car il inclura souvent les balances modales dans la construction de chanson. En plus, le finger picking et l'arpeggiation haut/bas des accords sont assez utilisés.

La construction globale des chansons est semblable au hard rock

* 1. intro
* 2. couplet
* 3. ch½ur
* 4. solos
* 5. ch½ur
* 6. couplet
* 7. ch½ur
* 8. outro

Il y a beaucoup de variations, et des répétitions de couplets et ch½urs.

Ainsi les compositions de Gary Numan, de Tubeway Army à The Pleasure Principle peuvent être considérées comme goth, bien que l'image ait été New Wave. L'utilisation des synthés analogiques et ses thèmes ont eu une influence certaine sur les groupes postérieurs goths. Son style a influencé la mode contemporaine de goth Cyberpunk.

Le son du groupe qui a influencé la plupart de la musique Goth contemporaine The Sisters of Mercy est sensiblement différent du son original de la musique gothique. Provenant de ces changements, un mouvement Goth dance music est né.

La musique contemporaine Goth est généralement ordonnancée, faisant une utilisation lourde de FM et de synthés numériques. Elle est caractérisée par un échantillonnage de caisse claire et de grosse caisse. Le dispositif d'auto-arpeggiate des synthétiseurs modernes est employé dans des arpeggiations simultanés et multiples souvent complexes. Les voix ont tendance à être sinistres et languissantes.


Les clubs gothiques ont évolué simultanément avec le rock industriel, et tous deux emploient les mêmes techniques et types d'équipement de synthèse. La différence principale est que l'industriel est « plus dur », alors que le rock goth est « plus doux ». Le goth moderne est une evolution de la musique New wave ou synth pop, tandis que l'industriel est une évolution de synth pop et de heavy metal. La guitare n'est pas beaucoup utilisée dans le goth contemporain, mais est souvent utilisée intensivement (avec beaucoup de distorsion) dans la musique industrielle.

Dans un style moins traditionnel, le metal gothique combine la musique gothique médiévale avec le lourd doom metal. Le metal Goth est souvent décrit comme la « Belle et la bête » en raison des duets caractéristiques entre les voix féminines envoûtantes et les voix masculines macabres. Les groupes principaux de ce secteur sont Paradise Lost, Theatre of Tragedy, Tristania, Lacuna Coil et Within Temptation. En France, on peut citer, par exemple, le groupe nîmois Maudite Asmodée et le groupe mosellan Arts of Erebus comme apparteneant à cette mouvance.
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# Posté le lundi 28 mai 2007 14:25